A peine revenus de Slovénie, se pointe l'angoisse des fêtes de fin d'année qui approchent bien vite. L'an dernier nous avions choisi de partir en Inde, et quel bonheur d'avoir échappé en cette période à cette surconsommation obligatoire . Donc après examen de plusieurs possibilités, nous choisissons 2 semaines en Louisiane.
Pour moi les images toutes faites de la Louisiane, c'est écouter des musiciens de jazz sur un bateau à aube en remontant le Mississipi, un peu léger c'est vrai...Mais dés qu'on cherche quelques renseignements, on découvre New Orléans et son quartier français, les bayous grouillant d'alligators, les plantations, les soirées zydéco (musique cajun), la bonne bouffe, allez, ce sera parfait!
Partis 3 jours avant les vacances scolaires, l'avion est quand même plein, escale à Détroit sous la neige, aïe, on s'inquiète pour la suite, pas prévu ça...Mais après quelques centaines de km, on arrive finalement avec une température supportable.
4 jours à New-Orléans, dois-je encore dire que dans nos voyages nous fuyons généralement les grandes villes? Mais celle-ci se révèle bien agréable (ce qu'on en a vu du moins), surtout le quartier Français (créé par les Espagnols!), archi touristique d'accord, mais vibrant de couleurs , de musique, et de personnages totalement déjantés. Il fait bon, les gens sont plutôt sympas, certaines scènes de rue laissent vraiment perplexes... Il y a des groupes de jazz qui se succèdent dans les bars et sur les places, c'est une des seules villes des US où la population peut se balader en état d'ébriété sans être emprisonnée immédiatement, et ils ne s'en privent pas! Mais rien de méchant.
Les soirées se passent dans les bars à huitres , ou devant des hurrycanes: le cocktail du coin, trop bon!! Et partout des formations de jazz, il y en a pour tous les goûts. Dans d'autres quartiers, ce sont les maisons coloniales, superbes, qui forcent l'admiration.
La traditionnelle remontée du Mississipi (enfin, un morceau!) en bateau à aube, se révèle par contre plutôt décevante: l'impression absolue d'être revenus à Fos-sur-Mer, au milieu des raffineries et des pétroliers...Il en sera d'ailleurs ainsi pendant tout le périple, partout où nous aurons l'occasion de nous retrouver au bord de ce fleuve, snif!
Nous reprenons la voiture pour la Route des Plantations: il y en a partout, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres, celles des films mythiques tournés sur place. On passe devant la plupart, pour s'arrêter à Laura Plantation, une des plus connues (et surtout parce que la visite est en français!). Là un Acadien avec un accent terrible nous fait partager l'histoire bouleversante des esclaves de l'époque, dans des lieux grandioses... C'est aussi dans le coin que nous allons assister à notre première messe en gospel (pas la dernière!), totalement fascinante; 2 petits blancs au milieu d'une immense foule de blacks, à qui on souhaite la bienvenue en plein milieu de l'office, à qui tout le monde vient serrer la main, sous les chants endiablés des choeurs et le sermon du prêtre en transe qui hurle et dégouline de sueur, waow!
Après quoi, la suite du périple nous mènera en plein pays Cajun, avec là aussi quelques clichés dans la tête. Il est en fait constitué de marécages à n'en plus finir: les bayous, avec sa végétation si particulière et sa faune normalement si riche, mais qui en cette saison reste planquée et invisible, étant donné qu'en l'espace d'une nuit la température est passée en dessous de zéro. Tiens encore un voyage où on va se geler? ça devient une habitude!
La végétation, c'est principalement les cyprès chauves avec leurs drôles de racines qui font plein d'espèces de piquets en bois qui ne grandissent jamais, et couverts de mousse espagnole, dont on se servait pour de multiples choses, particulièrement la fabrication du torchis et son utilisation dans le bousillage en maçonnerie traditionnelle; aussi pour rembourrer les matelas... Normalement ça grouille d'alligators, on n'en a pas vu un seul, à part en brochettes dans nos assiettes (très bon), quelle déception!
Nous avons presque tous les jours fait des randos dans les parcs nationaux, ou pris des air-boats pour traverser des paysages magnifiques. Si les gators n'étaient pas au rendez-vous, il y a quand même eu quelques bestioles sympas à rencontrer
Les villes Cajuns se succèdent: Saint Francisville, Opelousas, Breaux Bridge, Lafayette, Houma...Chacune possède son musée, ses expos, ses plaques commémoratives rappelant que l'histoire des Acadiens n'est qu'une longue suite de faits sanglants abominables: déportations, génocides, abandons, vols, meurtres .Une sacrée leçon de vie face à tous ces gens qui ont résisté de toutes leurs forces à des années d'horreur. Mais je ne vais pas donner ici un cours d'histoire...
Du coup, les descendants de ces générations opprimées, sont maintenant des gens qui ne pensent qu'à faire la fête, danser, manger, jouer de la musique, ils sont formidables. Nous avons passé pas mal de soirées à écouter du zydeco, à danser avec eux. Dans certains endroits la moyenne d'âge devait être de 85 ans, c'est toujours là que nous avons été accueillis à bras ouverts par des gens ravis de pouvoir parler un peu français, quel accent!! Les jeunes ne le parlent pas, car cette pratique avait été interdite dans les années 1900...et quelques. Ils ne cessent de danser, avec leurs rhumatismes , la bouteille d'oxygène autour du cou et la sonde dans le nez, il paraît que ce n'est pas rare qu'ils meurent sur les pistes de danse...
Pour le 24 au soir, nous nous sommes retrouvés à 17h (heure normale pour le repas du soir) dans un restau mexicain délicieux avec des tacos et de grands pichets de margarita qui ont remplacé la dinde farcie et le champagne, impeccable . Le 25, absolument tout était fermé, rien à manger, donc...on a jeûné!
Dans le chapitre alimentaire, la Louisiane est un des états d'Amérique où on mange le mieux paraît-il. La grande spécialité, c'est bien sûr les écrevisses, brassées par tonnes dans cette région de lacs, et tout plein d'autres fruits de mer, de crabes mous (sans carapace), de cuisses de grenouilles grosses comme des cuisses de poulet. Le seul hic, c'est qu'ils les préparent toujours en friture, quel gâchis!
Le 31 au soir, dans l'avion du retour, on ne s'est même pas rendu compte qu'on changeait d'année!
Voilà en gros pour ces 2 semaines, bien sûr je joins quelques photos à partir du lien suivant:
https://picasaweb.google.com/101804984896876001199/LouisianeNoel2013?authuser=0&feat=directlink
Merci aux courageux qui sont arrivés jusque là
Valérie et Harry
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