A 500 km au large de la Colombie, se dresse un rocher au milieu de l’océan, nommé Malpelo.
Cette île semble bien inhospitalière, elle est la partie émergée d’une cordillère sous-marine, mais les parois descendent jusqu’à 4000 m de profondeur et il s’agit en fait d’un fabuleux sanctuaire sous-marin.
Elle est habitée par une énorme colonie d’oiseaux
mais c’est sous l’eau que la vie est impressionnante, on y trouve des pélagiques plus nombreux qu’ailleurs dans le monde: des requins marteaux, des requins soyeux, des thons, des baracudas et des tortues marines. Entre autres...
On dit que tout plongeur qui se respecte devrait aller à Malpelo au moins une fois dans sa vie. Ne sachant pas si il nous reste encore des années à plonger, nous nous sommes décidés pour cet été.
Malpélo, fait partie du du triangle des marteaux (s’entend requin-marteau), les deux autres points étant l’île Coco et les Galapagos. Nous avons déjà fait ces deux destinations, mais il faut le reconnaître avec une grande déception par rapport à ce que nous attendions. (Voir articles précédents sur le blog). Il faut essayer, pas d’autres moyens de savoir si nous serons réconciliés ou pas.
En avion, nous avons fait Marseille-Madrid, puis Madrid-Bogotá, puis Bogotá-Cali. On arrive déjà en petits morceaux. À Cali, le chauffeur qui devait nous récupérer n’est pas là… Encore une source de stress qui finira par s’arranger tant bien que mal. Sept heures de décalage horaire, et lorsque nous pouvons enfin nous coucher, nous avons depuis longtemps dépassé le tour du cadran. Quelques petites heures de répit le lendemain matin
mais ce n’est pas fini ! Un bus nous accompagne jusqu’à Buonaventura. Quatre heures de route en lacets; on devine au loin des paysages grandioses, bien qu’un peu enveloppés dans la brume, mais pour l’instant, on traverse des villages, plutôt pauvres, plutôt sales et sombres, les camions nous frôlent sans cesse…
Arrivée au port de Buonaventura
Là, un taxi maritime nous emmène plus loin jusqu’à notre bateau, le Vivax. Celui-ci sera notre base pour les jours de plongée à venir.
Découverte d’une cabine, absolument minuscule; le comble, c’est que Harry et moi avons chacun des cabines différentes, les matrimoniales ont déjà été données à d’autres!
On lève l’ancre le soir direction Malpelo ; et là, le cauchemar commence : je parle du mal de mer ! Alors que j’avais normalement pris mes précautions à grand renfort de patchs...
Des massifs rocheux qui se dressent à une hauteur vertigineuse, aux pieds desquels s’écrasent les vagues en gerbes immenses, transpercés de part en part par des arches rocailleuses.
D’accord, ça bouge un peu moins que pendant la traversée, mais ce n’est pas parfaitement calme non plus, loin s’en faut ! J’espère tenir le coup. L’appétit me revient quand même, c’est bon signe.
Et nous voilà repartis pour la cadence infernale des croisières plongée, ça fait un petit moment que ça ne nous était pas arrivé. En fait, une journée sur le bateau, ce n’est pas très compliqué : lever cinq heures; après un café, on s’équipe et on embarque sur le zodiac qui nous amènera au point précis de la plongée.
Première plongée à 7h du matin, la deuxième à 11h, la troisième à 15h. Ce qui ce qui signifie à chaque fois sortir de l’eau, rincer la combinaison, se déshabiller, se sécher, se rhabiller avec la combinaison encore mouillée, se re-équiper, etc, etc...
Mais enfin, nous voilà dans l’eau.
Des murènes gigantesques partout autour de nous qui nagent en pleine eau, ça c’est rarissime ! Elles sont toujours planquées dans les rochers d'habitude.
Les poissons se moquent de la météo et c'est avec émerveillement que nous les rencontrons chaque jour. Les requins pour l’instant ne sont pas par milliers, mais de temps en temps un requin Galapagos ou un pointe blanche, vient nous faire un petit coucou.
laisser défiler
Nous avons même eu la chance à 2 reprises de croiser un requin baleine, majestueux, gigantesque et inoffensif. Quelle rencontre fabuleuse !
Les jours passent et se ressemblent ! On mange, on plonge, on mange, on replonge, on mange, on dort, on replonge, on remange…
À chaque plongée de nouvelles surprises, mais quand même pas autant que ce que nous l’espérions…
Et puis quand il nous reste quelques petits moments, on peut faire des aller-retours sur le bateau,
ou encore admirer les oiseaux et les dauphins autour de nous,
les levers et couchers de soleil,
les poissons et même les requins qui viennent chercher les restes des repas!
Mais c’est malheureux quand même que pendant toute la durée du voyage, je n’ai jamais été en pleine forme, maudit mal de mer !
Bon, on pourrait croire que je me plains, mais pas du tout, c'était fascinant! Que de vie là-dessous et cette impression souvent d'être dans un aquarium géant
Et bien voilà, c'est terminé...
Un voyage retour un peu (à peine) moins éprouvant qu'à l'aller. Re-passage à Buonaventura
Une dernière journée à Cali, la ville des chats,
Et vol retour. Cette nouvelle expérience m'a conforté dans le fait que malgré ma passion pour la plongée, il va vraiment falloir que je dise stop aux croisières. Nous avons l'inestimable chance d'avoir trempé nos palmes dans la plupart des lieux mythiques à travers le monde, et de toutes façons, on peut encore plonger sans passer 15 jours sur un bateau; donc ce n'est pas fini! A bientôt les copains sous-marins!
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