~~Depuis que nous voyageons, rarissimes sont les fois où nous sommes retournés dans le même pays, il y a déjà trop à voir et à faire de par le monde pour recommencer du déjà vu, déjà fait. Mais l'Inde c'est plus qu'un pays : 5 fois la France, autant dire un continent ! Donc 3 ans après le Rajasthan dans le Nord, nous passerons la fin de l'année, pendant presque un mois , en Inde du Sud.
~~Quelques jours avant de partir, nous apprenons que le Sud de l'Inde est pris dans les inondations, qu'ils n'ont pas vu ça depuis plus d'un siècle, plus de 400 morts, l'aéroport de Chennai où nous devons atterrir fermé car sous l'eau, gloups! Bon, de toute façon, on ne va pas annuler, qui vivra verra. On s'inquiétait aussi un peu des mesures de sécurité dans les aéroports, rien de spécial sinon que c'est lamentable: à Paris UN contrôleur pour 2000 personnes, et tous ces gens en transit avec juste le temps nécessaire, nous avons eu de la chance d'être dans les premiers et d'avoir tout juste notre vol, c'est sûr qu'un paquet de monde ont dû rater le leur...
~~Comme la première fois nous choisissons de louer une voiture avec chauffeur, le "avec chauffeur " peut faire bien pompeux, mais c'est obligatoire ici, du moins si on tient à sa vie. Un occidental ne pourrait y pas tenir plus de 10 kilomètres sans avoir d'accident; Outre l'état des routes, il faut composer avec tout ce qui s'y trouve :voitures, vaches, camions, motos, piétons, etc...Encore que cette fois, nous n'avons pas croisé de dromadaire ou d'éléphant. Tout cela fait de la conduite une aventure quotidienne très joyeuse et très, très bruyante. Ça klaxonne sans cesse, 100 fois plus que ce qu'on a pu connaître à Naples, à Istambul, ou à Casablanca où c'est déjà invraisemblable. Certains se font carrément greffer des Klaxons à la place des doigts, c'est bien plus pratique et ça permet toute la journée de se signaler quand on veut doubler, pour dire aux rickshaws (mobylette /taxi) de se pousser, aux chèvres et aux cochons qu'ils nous gênent, et surtout aux piétons qu'ils vont se faire écraser dans la seconde qui suit. Mais ce n'est même pas agressif, c'est juste pour dire "je suis là ,alors pousse toi!". Bien sûr, tout ça le portable dans l'autre main.
~~Alors des fois on rigole, la plupart du temps on serre les fesses. Il est normal sur une route à 2 voies de retrouver alignés à 3 voitures, un tracteur, 2 motos et quelques piétons , ça passe ou ça casse... Partout, partout des mobylettes qui transportent les 4 personnes de la famille (on en a vu jusqu'à 5!),
des bus dans lesquels les gens sont si entassés qu'ils débordent par les portes ouvertes et les fenêtres . Les panneaux de circulation sont inexistants, les lignes blanches sont là pour la déco, 2 ou 3 feux tricolores qui ne font que clignoter dans les villes qui dépassent le million d'habitants
~~Et surtout, même quand on est à pied, vu l'état des trottoirs, on est obligé de marcher sur la route, relaxation assurée...
~~Enfin, on peut préciser que les routes ne servent pas qu'à rouler, mais aussi à faire avancer les troupeaux de vaches, de pèlerins, à faire sécher le maïs, le foin, ou autre...
Laisser défiler!
~~Bref...l'aéroport avait réouvert, les routes étaient praticables même si vu du ciel l'état de la ville était quand même impressionnant . Par la suite nous verrons encore des camions ensevelis dans la boue, les distributions d'eau potable par citernes, des lacs au milieu des villes...Il fait chaud et humide, ils craignent les épidémies et la malaria, sympa...
Mais malgré tout cela, quel plaisir de retrouver l'Inde! Ici tout est couleurs , odeurs, saveurs,mouvements . Les villes sont répugnantes de bruit et de saleté, mais quand on traverse les villages, il y a partout ces femmes en saris multicolores, aux visages durs et qui s'éclairent dès qu'on leur sourit, ces enfants méfiants qui vous dévisagent, ces jeunes filles toutes souriantes et ces hommes insaisissables.
~~J'adore ces femmes au port royal, quelque soit leur âge et leur physique; leurs vêtements sont lumineux, brillants. Elles sont vêtues comme des reines à tout moment de la journée et dans toutes leurs tâches : tirer l'eau du puits, couler du béton, rouler en moto, faire la lessive,etc...
Les petites filles quant à elle, sont des princesses aux robes de tulle avec diamants incrustés ( enfin pierres brillantes...) et pleines de bijoux.
~~Les hommes eux portent tous le même torchon autour de la taille, qu'ils laissent pendre ou relèvent. Respect : c'est le dothi, leur vêtement traditionnel, mais il faut reconnaître qu'au niveau du sex-appeal on fait mieux...
~~Première semaine dans le Tamil Nadu , sourires des habitants, incroyable : les hommes s'adressent à moi et non pas exclusivement à Harry, enfin un pays où je n'ai pas l'impression d'être transparente! Réveillés le matin par le doux chant des corbeaux; ici les geckos chantent, les écureuils crient sans cesse!
Chaque jour nous avons droit à la visite de plusieurs temples, tous totalement différents les uns des autres (mes préférés sont bien sûr ceux de toutes les couleurs!).
Défilé
~~La religion tient une place immense en Inde, les hindous sont majoritaires mais il y a aussi beaucoup de juifs, catholiques,musulmans, bouddhistes...Malheureusement beaucoup de temples interdisent leur accès aux non-hindous (vive la tolérance religieuse...), mais cela ne nous empêche pas de saisir l'incroyable ferveur des fidèles. Sans une connaissance précise de l'histoire Indienne, il y a énormément d'éléments que nous ne comprenons pas, parfois un guide s'impose carrément à nous, même si on ne lui a rien demandé, mais il faut reconnaître qu'on apprend alors une foule de choses. Ces Temples sont souvent une ville dans la ville , beaucoup de gens y passent leur journée, et nous déambulons pieds nus ( obligatoire) en essayant d'éviter les crachats et les bouses de vaches sacrées. Nous ne pouvons pas prendre de photos à l'intérieur des temples mais la dévotion de ces gens est fascinante. Nous assistons à des scènes touchantes, avec ces gens qui se jettent au sol, ceux qui embrassent les murs, ces foules de pèlerins capables de marcher pieds nus, en sang, le long des routes pendant plusieurs centaines de kilomètres, pour arriver jusqu'à un temple ouvert quelques jours dans l'année seulement...
~~Mais il faut dire que dans ce pays où foisonnent les dieux, nous en avons découvert un plus grand que tous les autres réunis. Il s'agit de l'iPhone ,récemment arrivé sur le marché, et qui supplante largement la spiritualité en place. Dans tous les lieux de culte, les gens pensent d'abord à prendre la pose, et ensuite à aller prier. Partout, partout , de petits groupes se forment et se font prendre en photo sous tous les angles.
~~ Nous avons passé deux jours à Rameshwaram, qui est un haut lieu de pèlerinage, normalement équivalent à ce qui se passe à Bénarès dans le Nord. Mais autant à Bénarès la ferveur des gens est intense, autant ici les pèlerins qui viennent se tremper dans l'eau sacrée de la mer sont joyeux, voir hilares, et ne pensent qu'à se faire prendre en photo dans les vagues, Ça fait tout de suite beaucoup moins crédible!
Durant toute cette semaine, malgré le nombre de personnes rencontrées, nous avons vu en tout 3 couples de touristes "occidentaux", ça ne fait pas lourd ! Il paraît qu'avec les attentats,bon nombre de français ont préféré annuler leur voyage et les inondations ont fait fuir les autres. Mauvais plan pour nos amis indiens qui attendent cette saison hautement touristique mais ça ne nous déplaît pas , bien au contraire. Aller au bout du monde et entendre parler français partout n'est vraiment pas un plaisir.
~~Heureusement pour eux qu'il y a pas mal de touristes qui viennent de Malaisie, Singapour, ou du reste de l'Inde. Mais ceux-là, on ne les distingue pas. Par contre, pour nous, impossible de passer inaperçus, même (surtout !) dans des foules innombrables, et tous les regards sont sur nous, curieux mais souvent bienveillants, peu d'hostilité. Mais nous n'imaginions pas qu'il existait encore des pays dans le monde où les gens viendraient nous toucher , nous regarder, vouloir se faire prendre en photo avec nous. Nous passons nos journées à serrer des mains et on apprend aux tout petits enfants à nous faire coucou avec le bras et à dire " hello" . Nous saurons par la suite que dans beaucoup de temples , viennent des gens de petits villages éloignés, qui pour beaucoup n'ont jamais vu d'européens, à part à la télé, et que pour eux voir et surtout toucher un occidental porte bonheur et chance. On nous a dit aussi qu'il était écrit en sanskrit : « tu honoreras tes invités comme des dieux », donc nous en avons conclu que nous étions des dieux vivants et cela ne nous déplaît pas.
~~Toute cette première partie du séjour se déroulera donc entre temple et villes. Les villes c'est une abomination: une circulation incroyable avec Klaxons et sifflets incessants jour et nuit, immondes de saleté avec les montagnes d'ordures qu'il faut contourner en permanence, les odeurs répugnantes. Le traitement des déchets reste un problème énorme:les tas de détritus sont partout, certaines personnes y cherchent de quoi manger, les vaches, les rats et les corbeaux aussi.
Grandeur et décadence...
~~Pourtant on voit tous les jours les gens balayer devant leur porte, mais ailleurs personne ne s'occupe plus de rien. Mais il arrive aussi au détour d'une rue que nous soyons baignés dans l'odeur des épices sortant des boutiques ou bien celle des fleurs sur les marchés...
~~L'Inde est vraiment un paradis pour les photographes, mais ce qui est poignant ce sont les scènes de rue, les images de la vie, le portrait de ces gens, et malheureusement prendre des photos dans ce pays, comme la première fois déjà, se révèle la plupart du temps mission impossible. Il ne se passe pas une heure sans que je fulmine d'avoir raté une photo extraordinaire, c'est une immense frustration de chaque instant. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte ce n'est pas nous qui conduisons et il est impossible d'arrêter le chauffeur à chaque fois qu'il y a un sujet intéressant. Quand il propose de s'arrêter c'est pour photographier une église, qu'est-ce que c'est passionnant ! Mais comment peut-il comprendre que je vibre devant l'image d'un homme enfoncé jusqu'à la taille dans les lentilles d´eau pour trouver du poisson ? Ou encore ce cimetière noyé par les pluies dont dépassent juste les sommets des croix sur lesquelles les vaches viennent se gratter le cou? D'ailleurs la première fois qu'il a voulu me faire plaisir en me proposant de photographier une statue j'ai accepté, toute contente, et je suis monté sur un petit rocher pour mieux y voir. Grave erreur je me suis enfoncée jusqu'au genou dans le rocher, qui s'est avéré être une énorme bouse d'éléphant sur laquelle les herbes avaient commencé à repousser. Beurk... Alors il faut essayer de faire des photos quand nous sommes à pied mais quand toutes les têtes se retournent sur notre passage comment être discret? Les plus vieux , avec leurs visages burinés et leur coiffés de couleur n'aiment pas du tout ça, il faut donc malheureusement voler quelques images par-ci par-là, mais étant donné qu'il y a toujours des millions de gens qui passent dans la rue, là aussi ça s'avère très compliqué de ne pas avoir quelqu'un d'autre devant votre objectif...
~~Sinon c'est quand même marrant, les choses évoluent. La première fois trois jeunes pèlerins s'approchent de moi et me demandent s'ils peuvent me prendre en photo avec eux. Je refuse gentiment, ayant lu tellement d'articles où les indiens se servent des photos des occidentales pour les transformer en conquêtes auprès de leurs copains et sur Internet. Mais cette demande sera suivie par beaucoup d'autres et pas seulement avec moi, avec Harry aussi. Nous réalisons qu'ils prennent vraiment un grand plaisir à être pris en photo avec nous, Les plus jeunes font des selfies, les autres prennent la pose, puis veulent absolument voir le résultat sur l'écran de mon appareil. Entre les séances photos et les mains à serrer, comment ne pas se prendre pour des vedettes ??
A l'extrême sud du Tamil Nadu,à Rameshwaram, nous ne sommes qu'à 18 km de Sri Lanka. Lieu de pèlerinage intense, en bord de mer; d'un côté les indiens se baignent pour se purifier, de l'autre, au milieu d'un village détruit par le tsunami de 1964, les chèvres et les oiseaux règnent, les pêcheurs essaient de survivre...
Tous les matins, les femmes dessinent sur leur seuil les superbes kolams destinés à apporter chance, bonheur et prospérité sur le domicile, un régal pour les yeux.
Et avant ça, nous avions traversé la région du Chettinad, particulièrement surprenante avec ses maisons gigantesques, abandonnées ou pas, ayant appartenues à des diamantaires maintenant partis vivre dans les grandes villes. La plupart sont squattées par les singes, quelle tristesse que cette époque révolue...
~~Ensuite, nous entrons dans l'état du Kerala. Pendant quelques jours moins de temples, et un peu plus de verdure, ouf! La météo est toujours au beau fixe, chaud mais supportable. C'est là que nous verrons de superbes paysages, particulièrement toutes les plantations de thé sur des kilomètres autour de Munnar.
~~C'est aussi là que nous rencontrerons des éléphants sauvages au bord des routes, que nous testerons les massages Ayurvedic, où on baigne dans l'huile comme des sardines mais ô combien bienfaiteurs.
~~Nous avons également droit à 24 heures en Houseboat, ces bateaux avec leurs carapaces arrondies en nattes de bambou, qui nous baladent le long des canaux ( les backwaters ) bordés de palmiers. De plus nous ne nous attendions pas à avoir un bateau pareil seulement pour nous deux et trois hommes d'équipage, petite croisière romantique coucher de soleil et nuit tellement tranquille, pas besoin de mettre des boules Quiès pour une fois ...
Défilé sur Allepey
~~Toujours dans le Kerala nous découvrons les spectacles traditionnels indiens : le kalarippayattu, ensemble d'arts martiaux mis en scène, très impressionnant.
~~Également le Kathakali avec sa séance de maquillage qui dure plus d'une heure, danse rituelle à laquelle nous ne comprenons pas grand chose ! mais c'est à voir !
~~Nous avons également demandé à notre chauffeur de nous trouver une cérémonie de Theyyam, encore un art rituel où le costume, le maquillage, la coiffe qui peut atteindre jusqu'à 7 mètres de haut sont de la plus grande importance; le danseur entre en transe au son des percussions effrénées, il incarne une divinité qui bouge, parle, et bénit les fidèles. Ici aussi, photos interdites, il faut dire qu'on se sent un peu perdus dans cette immense foule où les gens sont agglutinés, femmes d'un côté, hommes de l'autre, et où chacun ne pense qu'à être touché par la divinité.
~~Cochin est une des villes les plus importantes du Kerala. Notre chauffeur qui y vit en temps normal est très fier de nous emmener là. Pour nous , cela a encore été une source d'incompréhension profonde face au comportement de nos congénères. Fort-Cochin , le quartier le plus populaire de la ville est cette fois totalement envahi par les occidentaux. À part les gigantesques carrelets chinois disposés le long de la plage il n'y a pratiquement rien à visiter dans cette ville.
~~Les rues sont d'une saleté repoussante, comme ailleurs ; pour aller sur la plage il ne faut pas avoir peur de s'enfoncer jusqu'aux chevilles dans les ordures déposées là. L'odeur du marché aux poissons est partout présente, les rats farfouillent dans les égouts à ciel ouvert.
~~Et pourtant, au milieu de tout ça, il y a une dizaine de rues où se chevauchent les restaurants et les boutiques d'attrape-gogos, archi pleins de monde et en plus ces gens restent là pour la totalité de leur séjour en Inde! Je précise que la plupart se promènent en short, robe ras la touffe, et débardeur au décolleté bien plongeant dans un pays où il est vivement déconseillé de montrer ses jambes et ses épaules ( mais ventre ou dos autorisés!).
~~Il est certain que nous avons vu en deux jours 100 fois plus de touristes blancs que durant tout le reste de notre séjour (sauf à Goa!). Donc, pour être à la page, la municipalité se charge de faire ressembler Cochin à une ville européenne pleine de guirlandes, de lumières, de sapins de Noël , histoire d'être vraiment dépaysé quoi...et sachant que les catholiques sont vraiment une minorité sur place... Bof, on ne va pas s'étaler davantage, au moins ceux qui sont là ne sont pas là où nous allons...
~~Nous nous sommes sauvés de cet endroit juste la veille du réveillon de Noël. Le lendemain nous dormons à Thrissur c'est juste une halte dans une ville où il n'y a pas grand chose à voir et à faire. Et pourtant, en passant dans une rue nous entendons le bruit d'un band-orchestra, des cris et des pétards; vite on court pour aller voir et on se retrouve au milieu d'une parade pleine de pères Noëls masqués, de ballons, de gens qui gesticulent et qui chantent.
~~En nous voyant ils attrapent d'abord Harry, alors que je me réfugie derrière mon appareil photo, mais pas de chance, on m'embarque aussi et là, c'est le délire pour tous de voir une femme se déhancher au rythme des percussions. D'un seul coup ils sont 500 autour de moi à essayer d'imiter mes pas, les Smartphones sont brandis de tous les côtés. Les enfants sont hilares et sautent partout. Décidément quel succès dans ce pays! À mon grand âge c'était inespéré !
~~Le réveillon de Noël se passe dans le plus grand calme, aucun problème, nous nous rattraperons en rentrant sur le foie gras. De toute façon ce n'est pas dans ce pays de végétariens que nous allions nous casser le ventre... La cuisine indienne est une pure merveille. Nous nous nous en étions déjà rendus compte dans le Rajasthan , bien que sceptiques au départ à l'évocation du mot végétarien. En fait, on peut quand même trouver de la viande dans certains restaurants. Les saveurs et odeurs des épices sont un régal.
Les Indiens mangent tous avec les doigts. Cela n'est pas trop difficile pour certains mets, mais manger le riz avec sa sauce nous a paru une épreuve plus compliquée. Et il y a du riz à tous les repas… certains restaurants ont pitié de nous et nous apportent une fourchette, sinon on nous balance tout sur une feuille de bananier et il faut se débrouiller. Mais finalement en regardant les Indiens à côté de nous, eux aussi sont plein de sauce et de grains de riz collés jusqu'aux poignets aucun souci, dans tous les restaurants il y a un coin lavabo pour se rincer après!
Un peu plus difficile de s'habituer à les entendre régulièrement se racler la gorge, cracher et roter. Mais bon... ce sont les coutumes locales. Sinon, un peu de mal aussi avec la multitude de serveurs toujours présents et qui passent tout le repas debout à côté de notre table à surveiller si tout va bien. C'est plutôt gênant et c'est carrément horripilant quand on doit se battre avec des pinces de crabe pleins de sauce sans outil pour les ouvrir, ou quand les épices nous arrachent la bouche, que les yeux pleurent et qu'il faut se retenir à tout prix de tousser devant eux.
~~Troisième état: le Karnataka. Ici, les paysages sont beaucoup plus agricoles: on y voit partout des cultures de riz, de canne à sucre, de manguiers , de lentilles, etc.… en ce moment, c'est la récolte du riz. Certains riches ont les moyens d'avoir une moissonneuse. Pour les autres, ce sont des dizaines de gens cassés en deux toute la journée, faucille à la main, pour venir à bout de rizières immenses. Inhumain.
~~Nous nous retrouvons cette fois encore et pour les jours qui suivent largement marginalisés. Du 24 au 29 décembre le gouvernement a décrété quatre jours de vacances, et les familles indiennes en profitent pour se promener et visiter. Nous allons donc visiter à la même période un grand nombre de lieux intéressants mais dans des bains de foule indescriptibles. Que ce soit dans des temples, dans le Palais du Sultan, les jardins aquatiques, des millions de gens ont eu la même idée que nous. Nous nous retrouvons dans les flots d'une marée humaine qui nous entraîne, nous broie , ne nous laisse pas le temps de voir quoi que ce soit.
Laisser filer!
~~Et encore et toujours , bien sûr, les deux seuls touristes blancs. Nous en avons malgré tout croisé quelques uns à Mysore mais uniquement dans les bars ou les restaurants. Que font-ils le reste du temps ? Nous sommes entrés dans des temples pendant des cérémonies où les gens se pressaient à s'étouffer , dans d'autres où des mariages se faisait à la chaîne et où les mariés étaient tout fiers que nous les prenions en photo. Dans certains endroits on aimerait bien regarder de plus près la richesse des peintures murales, la décoration des plafonds en or incrustés de pierres précieuses,mais pas possible, les gardiens poussent à grands coups de sifflets ( enfin pas nous, ils n'osent pas nous toucher!),et on ne résiste pas au courant.
Bon, dans tout ça, il y en a quand-même certains qui ne s'agitent pas trop...
~~Après ces quatre jours de délire nous poursuivons, entre autres par Hassan , entourée de temples absolument fabuleux, recouverts de sculptures fines comme de la dentelle, et qui ont résisté aux massacres commis dans l'histoire. Là encore, Les groupes d'écoliers présents ont certainement bien plus dévisagé nos bobines que celles des sculptures.
~~La route vers Hampi est bien longue (comme toutes les autres d'ailleurs). Il faut compter plusieurs heures pour un trajet de 150km. Celle-ci était donnée pour 6h30, nous avons mis 10 h 30! Il faut dire que notre malheureux chauffeur avait chopé une intoxication alimentaire et a dû s'arrêter tous les quarts d'heure pour se vider....ça change de d'habitude où il s'endort au volant, épuisé par ces longs trajets et ces nuits trop courtes, heureusement qu'il passe son temps à téléphoner, ça le réveille un peu!
Arrivée à Hampi, on se demande où nous sommes au premier abord. À notre arrivée, de nuit, on se croirait plutôt à Katmandou (enfin, telle qu'on l'imagine, nous n'y sommes jamais allés!) musique et lumière , des hippies partout . Le lendemain en plein jour, on retrouve quand même la vie Indienne avec ses marchands, sa dévotion...À Hampi, sur plus de 30 km2, s'élève un nombre impressionnant de temples, et il paraît qu'il en reste bien plus encore, complètement recouverts par la jungle. En plus ces monuments sont construits sur d'immenses plaques de granit, et entourés de blocs gigantesques qui tiennent en équilibre par miracle.
Au cœur du village, le temple principal qui est vraiment grouillant de vie, et à côté la rivière. 3 matins d'affilée nous y sommes allés très tôt en espérant assister au bain de l'éléphant sacré, mais en vain...Par contre que de passionnantes scènes de vie à contempler! Les habitants viennent pour leurs ablutions et on assiste à ces moments en essayant de se faire le plus discret possible. Pour nous c'est sûr, difficile de nous imaginer dans les mêmes conditions: dans cette eau franchement marron, ils sont tous à se laver, se shampooinner, faire leur lessive, et même ...se brosser les dents!
Aux alentours, d'autres merveilles, on a beau voir, c'est toujours un régal pour les yeux
Défilé Hampi
~~C 'est là que se passe pour nous le changement d'année, donc 4 heures et demi avant la France. Dans cette ville extrêmement hindouiste, pas de viande et pas d'alcool, mais le serveur nous propose en douce un "spécial juice", ça permet de marquer le coup! Tout l'après-midi, dans le village, nous avons vu les femmes recouvrir les rues de bouse liquide (sympa l'odeur....) et à la nuit, elles se mettent à dessiner des kulams avec leurs poudres de couleur,devant toutes les maisons,
~~c'est superbe et vraiment éphémère car certains ne semblent pas très sensibles à l'art...
Après cette étape bien appréciée, nous finissons par Goa pour y prendre notre vol retour. On s'y attendait un peu, mais ici c'est comme si on avait changé de pays! Plus rien à voir avec ce que nous avons vécu ces dernières semaines: une immense majorité de touristes, (surtout des russes!), qui passent leurs journées à faire bronzette et leurs soirées à boire comme des trous car les vendeurs d'alcool pullulent!! Et que ce n'est bien sûr pas cher pour les étrangers... La plupart des femmes sont vêtues à l'occidentale, quel dommage! Mais quand même sur les plages, le naturisme est désormais interdit, il y avait trop de laisser-aller...
Heureusement qu'on peut encore voir quelques scènes plus authentiques
Et nous nous sommes même permis un petit bain, histoire de se dire quand même qu'on avait trempé nos carcasses au mois de janvier sous 35°C , un régal!
Voilou, demain il fera 30°C de moins à l'arrivée, après-demain je reprends le boulot...
C'est comme ça!
Les souvenirs plein la tête feront tenir jusqu'à la prochaine destination...