Vendredi 9 décembre 2016, 16 heures: enfin je suis en vacances, je les attendais celles-là! Non pas pour la magie de Noël car tous ceux qui nous connaissent savent combien nous aimons cette période où il faut baffrer à se péter le ventre, et acheter des cadeaux que personne n'apprécie...Mais parce que cette année encore, nous avons la chance que Noël règne avec voyage à l'autre bout du monde.
Destination les Îles de Raja Ampat en Papouasie Occidentale, pour plonger, paraît-il, dans un des plus beaux endroits du monde, avec une biodiversité nulle part ailleurs égalée sur la planète. Et aussi pour rencontrer les papous vivant toujours là bas, puisque nous serons juste à côté d'un de leurs villages.
Alors quelques mots sur les Raja Ampat, pas encore très connues par les non-plongeurs: il s'agit d'un ensemble de 1500 îles à peu près, répandues sur un territoire de 46000 km², dans la partie occidentale de la Papouasie, (juste au dessus de l'Australie) et qui dépendent de l'Indonésie.
En congés donc, en me félicitant surtout d'être arrivée intacte jusque-là, vu le nid de microbes dans lequel nous baignons au boulot depuis plus d'un mois. Le week-end s'annonce chargé puisque nous partons lundi. Samedi, dès le réveil, mes bronches se manifestent bruyamment et cela ne fera qu'empirer jusqu'au soir avec un tambour dans la tête, et des tremblements incontrôlables. Non, non, ce n'est pas possible, ce n'est qu'un petit contrecoup de la fatigue accumulée...Dimanche je ne tiens pas debout, j'ai mal partout, mais de toute façon pas de docteur ni de pharmacie ce jour là ... Donc il faudra bien que ça aille....
Dans la série, nous recevons un mail de la compagnie aérienne qui nous annonce que notre vol à Paris est avancé de 2 heures, mais où a-t-on déjà vu ça ?? Et que du coup la marge que nous avions prévue entre le train et l'avion devient trop courte... Tout va bien.
Lundi pas mieux du tout; départ à 7 heures du mat pour le Grand Schlem, il faut dire que les Raja Ampat ca se mérite et qu' on n'est pas prêts d'arriver! En route, notre train prend 45 mn de retard, autrement dit ce qui était difficilement jouable devient mission impossible. A l'aéroport, on cavale comme des dingues, (avec 39 degrés de fièvre je suis au top) et on a quand même l'avion du bout des dents!
Alors au programme : Aix-Paris/ Paris-Doha (Qatar ), puis Doha-Jakarta / Jakarta-Sorong ( Papouasie), mais ici pas encore fini: on nous fait attendre encore 6 heures avant de prendre le bateau pour les îles , soit 2 heures. Ce qui nous fait un total de 51 heures. Une pure folie quoi!
Mais la série n'est pas finie, puisque nous arrivons à Sorong sous le soleil, mais le temps d'attendre le bateau c'est une tempête qui se lève, bonjour la traversée, nous arrivons en petits morceaux.
On se dit que depuis quelques jours, les signes se multiplient pour nous inciter à ne pas partir, mais c'est mal nous connaître....Et puis enfin nous arrivons, ivres de sommeil, brûlante de fièvre pour moi, ayant vomi tripes et boyaux pendant cette traversée maudite, et d'un coup tout s'efface devant le spectacle qui s'offre à nous : le ponton traverse le récif jusqu'à un alignement de quelques bungalows, là où nous logerons les 2 semaines à venir. Nous passons au dessus de l'eau translucide, déjà les poissons sont là pour nous accueillir, il y en a des milliards. Puis briefing, installation, etc....ouf , au moins nous serons arrivés jusqu'ici.
Nous avons choisi cette destination uniquement pour plonger un maximum. Nos journées seront donc , en apparence, toutes semblables: lever 6 heures, en même temps que le soleil et les multiples oiseaux qui nous enchantent par leurs incroyables gazouillis.
7h Petit déj pantagruélique en prévision des efforts à faire. 8h départ du bateau jusqu'au site de plongée et " 1,2,3, jump!"
C'est là que commence la magie, à peine la tête sous l'eau on se retrouve déjà au beau milieu de bancs gigantesques de toutes sortes de poissons, même pas farouches.
Impossible de décrire ici tout ce que l'on peut voir, et puis ça risquerait de ne pas intéresser grand monde...Juste savoir que nous n'avons jamais plongé dans des endroits aussi riches en corail et poissons. C'est incroyable, pas un cm2 sans couleur, sans vie, où que les yeux se posent, il y a toujours quelque chose à découvrir. On peut rajouter aussi que la température de l'eau se situe entre 29 et 30 degrés, ce qui augmente le plaisir!
N'ayant plus d'appareil photo sous-marin, je fais mes photos avec une gopro, mais le résultat est très loin d'être à la hauteur de ce que nous avons vu, dommage...
Contrairement à d'habitude où nous sommes à la recherche du "gros ", ici c'est davantage le royaume du minuscule. Il faut voir ça : d'un seul coup notre guide se précipite sur un caillou ou une patate de corail à 10 mètres de là pour nous montrer de la pointe de son stylet un hippocampe de 2 mm de haut, ou des crevettes transparentes microscopiques. Sacrée Nature ! Mais là je n'ai pas de photo à vous montrer: pas possible de faire de macro avec ma Gopro.
Bon à côté de ça on a quand même vu de plus grosses bébêtes : thons, barracudas, tortues, requins, mais surtout les fantastiques raies mantas, qui dansent devant nous jusqu'à ce que nous devions remonter faute d'air.
A faire défiler
Et puis il y a aussi tous les rois du camouflage, les photos ne sont vraiment pas bonnes, mais peut-être pourrez vous en reconnaître?
Après cette première plongée de la journée, une pause obligatoire avant la 2eme, généralement dans un endroit paradisiaque (il n'en manque pas).
Les teintes de la mer sont totalement irréelles, le sable plus fin que la farine. Un thé, quelques gâteaux et on repart vers de nouvelles découvertes.
Retour pour le repas de 13 heures, toujours un buffet de mets typiques. Même pas le temps de faire une vraie sieste qu'il faut déjà se préparer, le bateau repart.
Et cette fois encore rendez- vous avec le bonheur.
Laisser défiler...
Il faut quand même parler aussi des conditions de plongée ici: d'accord c'est extraordinaire, mais honnêtement c'est loin d'être de tout repos, et bien qu'ayant déjà connu des courants impressionnants dans certains pays, ici c'est quand même sacrément costaud. Alors on a appris 2 choses ici: la première c'est de voler sous l'eau: bras et jambes écartées se laisser emporter à une vitesse folle en essayant juste de ne pas se prendre un bloc de corail ou un rocher en route. La deuxième c'est la plongée au crochet, c'est à dire que comme il est impossible de lutter contre le courant, si on veut quand même observer ce qu'il se passe là au fond, on s'accroche à un rocher suffisamment solide avec un petit grappin et là, malgré la force qui nous entraîne, on parvient à rester sur place à observer nos amis les poissons qui eux semblent tout à fait à l'aise, en espérant que le courant ne va pas nous arracher le masque ou les palmes... Expérience éprouvante au début, et puis...on s'y fait!
En route nous sommes escortés par les poissons volants, parfois une baleine ou des dauphins...Le bateau doit zigzaguer entre les bancs qui grouillent à la surface et dans lesquels les oiseaux viennent se repaître. Ce monde sous marin est fabuleux, que faisons-nous de notre planète?
Et puis il n'y a pas que sous l'eau que les paysages sont splendides: à la surface ce sont la jungle , les palmiers et cocotiers sur les plages désertes, mais surtout les Raja Ampat ce sont les posters que l'on voit partout: les îles champignons parsemées sur des km et des km, ainsi nommées parce que la base des îlots est rongée par la mer sur tout le tour. On en prend plein la vue.
Laisser filer...
Retour de cette troisième plongée vers 17 heures, cette fois on a un peu de temps pour se poser dans notre bungalow magique, sous lequel se promènent les poissons, d'où on peut voir bondir quelques prédateurs au milieu de la baie, passer les pirogues des papous.
diaporama
C'est de là aussi que nous pouvons assister aux levers et couchers de soleil chaque jour. On peut aussi demander à faire une 4ème plongée de crépuscule ou de nuit, mais honnêtement on n'en a pas abusé...
Comme c'est bon de complètement déconnecter... Pendant 2 semaines pas de voiture, pas de chaussures, pas de télé, (presque) pas de portable, pas d'incitation à acheter, consommer de toutes parts... D'accord, ce n'est pas facile quand-même de passer ses journées à manger, plonger, dormir sans relâche, mais on arrive à tenir le coup. Pour nous aider d'ailleurs, on nous propose aussi des massages au dessus de la mer translucide...
Et après notre délicieux repas, personne ne veille: tout le monde va se coucher super tôt, sous le chant des geckos qui logent avec nous! Par contre, personne n'avait prévu dans son programme que les nuits ne seraient pas si calmes que ça pendant tout le séjour!
L'île où nous sommes est entourée d'autres îles (ne pas oublier qu'il y en a 1500!), et sur chaque île il y a un village Papou. Et ces Papous semblent bien aimer faire la fête...Ce qui signifie que chaque nuit, de 21 heures jusqu'à 6 heures le lendemain matin, sur une île différente chaque nuit, ils jouent du tam tam sans jamais s'arrêter, ce sont certainement des genres de concours entre eux, mais c'est la folie!! et cela doit durer jusqu'à la nouvelle année, autant dire pendant tout notre séjour! Alors de temps en temps la nuit, on va sur le balcon les écouter et regarder les fusées de détresse qui illuminent le ciel...
Mais faire la fête toute la nuit signifie dormir la journée; aussi avons-nous bien moins rencontré ces gens que je le souhaitais. Mais bien sûr il y avait tous ceux qui travaillent au centre de plongée, puisque 70 % du personnel est Papou, et la plupart viennent du village à quelques minutes de là.
Mais on a aussi rencontré quelques personnes dans les autres îles
Voilà donc une petite idée de ces dures journées écoulées là-bas: des paysages somptueux, des fonds sous-marins merveilleux, une température absolument au top, et même pas de moustiques!! juste quelques petites bébêtes inoffensives, comme entre autres ces oiseaux du paradis, espèce endémique, qui tous les matins entament leur parade nuptiale.
C'est à peine si on s'est rendu compte que Noël était là, grâce au sapin qu'ils nous ont mis dans le restau et au chouette repas de notre cuistot; on se sent tellement loin de tout ça...Et de toute façon on s'arrache d'ici le lendemain matin à 6 heures, avec la boule au ventre quand-même mais tant de souvenirs dans la tête et le cœur...Il faut dire que nos derniers voyages avaient été moins heureux ces derniers mois, et pour rappel on avait eu droit aux inondations du siècle il y a un an en Inde, au tremblement de terre et tsunami aux Galápagos en avril, et vous savez quoi? Idem cette fois: tremblement de terre et alerte tsunami en Papouasie Nouvelle-Guinée pendant qu'on y était, mais pas assez proche pour faire fuir toute la faune comme en avril. On se pose quand même des questions sur notre impact sur les catastrophes naturelles??
Sinon, 43 heures de voyage au retour, sûr qu'il fallait en avoir envie!
4 jours après nous n'avons pas encore récupéré de nos 8 heures de décalage! Mais nous nous souvenons quand même que nous changeons d'année très bientôt...Nous vous souhaitons donc à tous tout le bonheur possible pour 2017 et nous vous embrassons tous.

/image%2F0436898%2F20161230%2Fob_5a2025_dsc-0812.jpg)
