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Ceux qui me connaissent ou nous suivent à travers ce blog savent la fascination que les volcans exercent sur moi. Au travers des pays, nous les avons cherchés, espérés, traqués... Mais la plupart du temps nous sommes arrivés après l'éruption, ou partis juste avant... Ou encore les conditions météo nous ont empêchés de voir correctement. Et quand les conditions étaient présentes....Interdiction d'approcher ! Désespoir.... Alors une fois de plus, nous tentons notre chance avec une agence spécialisée cette fois, et partons pour deux semaines au Guatemala, le pays d'Amérique Centrale qui regroupe le plus de volcans actifs.
Le Guatemala.... Même sans ses volcans, ce pays m'attirait déjà. Mais on nous l'avait souvent déconseillé par rapport à son manque de sécurité. Soit c'était alarmiste, soit les choses ont changé, mais nous avons découvert une nation bien touristique, des habitants chaleureux, de très beaux vestiges et une envie de poursuivre la croissance entamée. D'après notre guide, pas plus de problème de sécurité qu'ailleurs si tu suis les règles élémentaires de précaution. Ils règlent leurs comptes entre eux si besoin, mais ne s'en prennent pas aux touristes. Pas pire qu'à Marseille quoi.....
Si les grandes villes sont résolument modernes, encombrées et bruyantes, dès qu'on s'en éloigne pour les petits villages, on tombe sur les populations locales descendantes des Mayas, où hommes et femmes vivent toujours en costume traditionnel et respectent les coutumes anciennes ; où la délicieuse cuisine locale n'a pas encore laissé la place aux fast food, où les murs colorés attirent le regard.
Nous sommes un groupe de 6, partageant tous la même passion, et avec un super guide, enfant du pays, parfaitement francophone. Donc pas de troupeau de gogos, c'est parfait !
Antigua, ancienne capitale du pays, nous dévoile son riche passé, ses rues pavées, ses édifices religieux.
Faire défiler
Elle est beaucoup plus belle et plus calme que Guatemala City, l'actuelle capitale que nous traverserons à chaque fois que nous devons rejoindre l'aéroport.
La première partie de notre séjour est consacrée aux volcans. Et il y en a !! Ils suivent la Ceinture de feu du Pacifique , certains éteints, d'autres actifs. Mais on cherche plutôt les actifs !! On en dénombre 37 officiellement reconnus dans le pays, parmi plus de 300 structures volcaniques.
Nous allons donc en voir un sacré nombre. Dans les plus intéressants :
Le Pacaya, donné pour une ascension facile. Oui? peut-être, mais quand on a deux nuits blanches dans les pattes + une journée de vol, sans compter 8 heures de décalage horaire, on a l'impression d'être très, très lourd, surtout à plus de 2500 mètres d'altitude. Heureusement que des chevaux acceptent de porter nos sacs et le matériel de camping!!
Pas de chance, ce jour là le volcan propose juste quelques fumerolles, c'était bien la peine !
Mais l'endroit offre des points de vue fantastiques!
Par contre, une semaine plus tard, on le verra de plus loin, au lever du soleil, et cette fois- ci bien réveillé
Le Santa Maria (3772 m), avec ses éruptions fréquentes. La dernière, catastrophique, en 1902, a été l'une des plus grandes éruptions du XXème siècle, projetant des cendres à 30 km d'altitude, certaines retombant jusqu'en Californie, et tuant plus de 6000 personnes. Elle a permis l'émergence d'un complexe de dômes de lave: le SantiAguito. Pour l'observer nous allons jusqu'au village de Llanos del Pinal, au bout de plusieurs kilomètres de piste poussiéreuse et boueuse. Bien sûr que nous nous sommes embourbés!
A chaque fois, cela signifie quelques heures de marche, et ça grimpe !! Le soir nous montons la tente en altitude, pour être aux premières loges. S'entend que nous ne sommes pas au bord du cratère, mais en général sur le flanc d'un volcan qui fait face à l'activité de son voisin.
Le matin suivant, accompagnés par le propriétaire des lieux, nous découvrons des kilomètres de terres cultivées, café, cacao, fleurs et légumes divers, des merveilles exotiques !
Quelques bébêtes se laissent voir aussi.
Certains d'entre nous sont partis avant le lever du soleil pour y assister d'encore plus haut. Les autres (Harry et moi y compris), n'ont pas eu ce courage, et nous nous en sommes d'ailleurs félicités en voyant revenir les courageux en piteux état à midi! Mais cela ne nous a pas empêchés de faire une bonne grimpette de quelques kilomètres pour voir cracher les volcans au loin, toujours dans un cadre somptueux...
L'Atitlan, le Toliman et San Pedro, qui se reflètent dans le lac Atitlan, et offrent des paysages époustouflants. Ce lac est une gigantesque caldera de 350 mètres de profondeur.
Après une marche et une traversée en bateau magnifiques, nous arrivons à San Juan La Laguna où vit toujours une forte communauté Indienne Maya. Les habitants qui peuplent les villages en bordure du lac cultivent les traditions mayas et portent des costumes traditionnels.
Nous y passons quelques heures dans une ambiance chaleureuse et vraiment dépaysante, bien loin de ce que nous avons entrevu à Guatemala City.
On nous a gardé le meilleur et le pire pour la fin : l'ascension de l'Acatenango (3976 mètres), qui doit nous permettre d'observer l'activité du Volcan El Fuego, juste en face. El Fuego est l'un des volcans les plus actifs d'Amérique Centrale. Ha, nous ne risquons pas de l'oublier cette randonnée !! Donnée pour difficile et nécessitant une bonne condition physique, mais nous n'aurions jamais cru souffrir autant !! La montée nous a pris 6 à 7 heures avec un dénivelé de 1700 mètres. Et même si les paysages traversés étaient enchanteurs ( terres agricoles colorées, forêt de nuages luxuriante....),
chaque pas et chaque battement de cœur était une souffrance abominable. Il faut dire que lors de la préparation, nos médicaments contre le mal des montagnes étaient restés à l'hôtel....ça nous aurait évité la nausée, le mal de crâne et les poumons en feu.....
Mais dès qu'on approche du camp de nuit, le terrain s'aplanit et surtout....on entend gronder tout près, et on aperçoit de gros panaches de fumée entre les arbres !!!! Du coup, on puise dans nos dernières ressources, les muscles se remettent en route d'un coup et nous transportent jusqu'à l'endroit où nous pourrons enfin observer l'activité d'El Fuego.
Malgré le froid qui arrive vite à cette altitude, nous oublions d'un seul coup toute la souffrance de la montée.
Toutes les 3 à 4 minutes, le sol tremble, la montagne gronde et d'énormes nuages de fumée blanche, grise ou noire sortent du sommet d'El Fuego. Mais ce ne sont pas de petits nuages rikikis, c'est énorme !!!!
On pourrait rester des heures à contempler ce spectacle...et c'est d'ailleurs ce qu'on a fait ! Le coucher de soleil apporte sa part d'émotion,
puis enveloppés dans nos doudounes et collés au feu de bois, on regarde, on écoute, on s'exclame, on crie sa joie. Comment retranscrire ce que l'on ressent face à la Toute Puissance de Dame Nature ? Ha oui, j'ai oublié de dire qu'avec la nuit, ce n'est plus de la fumée que l'on voit, mais les jets de lave bien rouge.( Le jour on ne la perçoit pas car l'intensité de la lumière solaire éclipse le rouge de la lave.), avec des rochers en fusion qui dévalent les pentes en face de nous.
En 2018, une éruption plus importante avait causé la disparition de 600 personnes dans le petit village situé juste en bas de son flanc. Après notre retour, le 10 mars 2025, a eu lieu la dernière éruption significative pour laquelle ils ont évacué un millier de personnes. Nous avons encore loupé ce spectacle...
A 6 dans notre refuge, la nuit a été courte, de temps en temps il y en avait un qui voulait aller voir dehors ce qui se passait et marchait sur tout le monde... et puis malgré 4 ou 5 couvertures chacun, on a claqué des dents de froid toute la nuit, mais qu'importe ! Ce n'est pas de sitôt que nous revivrons cela....
Un crochet par la ville coloniale de Quetzaltenango, nous a permis d'assister à la Fête des Morts. Comme déjà vécu dans d'autres pays du monde, le culte des personnes défuntes n'a rien à voir avec ce que nous pratiquons dans notre culture occidentale. Ce jour là, il y des milliers de personnes qui se pressent dans les cimetières de la ville pour nettoyer et décorer les tombe de leurs proches. Il est courant d'apporter des fleurs, de l'encens, de boire et pique-niquer sur place avec des groupes de musique locale.
laisser défiler
Des offrandes et des autels colorés sont préparés, décorés de fleurs, de bougies, de photos...
Enfin, des cerfs-volants géants sont préparés et leur lancement est un grand moment. Ils sont considérés comme un moyen de communiquer avec les esprits des morts.
La deuxième grande partie de notre voyage est consacrée aux sites archéologiques pré colombiens de Yakha et Tikal.
Nous prenons l'avion de Guatemala City jusqu'à Florès, dans le département du Petén, dans le nord du pays. C'est une presqu'île, reliée au continent par une courte chaussée, ce qui explique que les rues sont souvent inondées. L'ensemble est couvert de forêts tropicales humides.
Bien que très touristique, le village est adorable
La journée du lendemain est consacrée à la visite du site de Yaxha qui couvre plusieurs kilomètres carrés, C'est le troisième site archéologique du pays par son importance, Plus de 500 structures ont été révélées par les archéologues, dont plusieurs temples, acropoles et un complexe de pyramides jumelles Seule une partie de ces édifices a été restaurée.
Une jeune guide nous accompagne et nous émerveille par ses récits. Nous parcourons un véritable tissu urbain de rues, de ruelles et de trottoirs à travers la forêt, entourés de singes hurleurs. Quand on ne sait pas ce que c'est, leur cri est terrifiant!!
Et à part les moustiques, on rencontre d'autres habitants de la jungle:
Enfin, notre dernière journée au Guatemala se déroule sur le site archéologique de Tikal qui a été découvert en 1848 et est l'un des plus grands sites archéologiques de la civilisation Maya. Construit 4 siècles avant Jésus Christ. Partiellement restaurés, les vestiges s'étendent sur 60 km2 et comprennent des palais royaux, des temples et des pyramides. Son centre cérémoniel comporte de superbes temples, des palais et des places publiques auxquelles on accède par des rampes. Des vestiges d'habitations sont disséminés dans la campagne avoisinante. Une grande partie du site n'a pas encore été fouillée.
Tout est gigantesque et force le respect. Mais il ne faut pas oublier de regarder aussi les petites choses autour de soi!
Notre guide a aussi l’œil pour nous faire découvrir la vie environnante. Bon, d'accord, c'est son boulot....
Les adorables petites bêtes à la queue rayée sont des coatis
Ce séjour se sera révélé d'une richesse et d'une diversité impressionnantes. Mais je n'estime pas avoir vu tout ce que j'attendais des volcans: la prochaine fois je voudrais voir un fleuve de lave s'écouler lentement à quelques pas de moi, ça n'a pas été le cas cette fois. Mais patience... Tout finit par arriver...
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