Cet été, de retour des Landes, une petite semaine pour tout défaire et refaire les bagages et départ pour 15 jours au Honduras. C'est où le Honduras? cherchez sur une carte: Amérique centrale , entre Nicaragua, Guatemala et Salvador.
Comme d'habitude, ns ne voulions pas d'un voyage à la neu-neu, ms ne parlant pas un mot d'espagnol, difficile de partir seuls; ns sommes donc partis avec un groupe pr un voyage "hors sentiers battus", avec l'authenticité, la vie avec la population, les endroits inconnus des touristes, etc, etc...
Et bien...on peut dire que ns avons été servis! Effectivement , d'autres touristes nous n'en avons vu aucun, à se demander où ils étaient ou si nous nous étions trompés d'endroit! Climat très chaud et très humide, ce qui signifie qu'on baigne dans son jus toute la journée, qu'on perd des litres d'eau qu'on compense par des coca ou de la bière (eau imbuvable). Lever aux aurores chaque jour avant que les choses se mettent en route car il ne faut surtout pas bousculer les gens de là-bas...Partis pour découvrir la faune du pays, nous avons effectivement rencontré des milliards de féroces moustiques et des cafards de 20 cm de long, en général dans nos chambre d'hotel (c'est le nom officiel pour 2 planches et un ventilo), pour le reste....quelques oiseaux, surtout des pellicans par centaines, des dauphins et basta! Grande déception à ce niveau!
Il y a plusieurs ethnies au Honduras: les Mayas, tout petits, tout secs, tout bronzés, chez qui nous avons passé quelques jours, particulièrement au site Maya de Copan, le plus important au monde. Puis, avec un bus qui faisait un boucan d'enfer, (normal 600 km sans une goutte d'huile), qui perdait régulièrement sur la route un cardan, sa transmission, et je ne sais quoi encore, nous nous sommes tapés régulièrement des heures de piste pour aller dans des villages au bout du monde où ils doivent voir des stupides blancs 3 fois par an avec leurs appareils numériques braqués sur tout ce qui bouge, nos stylos et batons de rouge à lèvres en cadeau; Qu'est-ce qu'on doit avoir l'air malin!
Notre point de chute était le village de Triunfo de la Cruz, où vit l'ethnie des Garifunas, descendants des esclaves évadés je ne sais plus à quelle époque. Alors là ils sont tout noirs, des belles mamas et des mecs construits comme des montagnes de muscles (ma foi...), et c'est vraiment l'Afrique/Caraïbe avec leur langue, leurs danses tribales, leurs percussions, leur mode de vie, et SURTOUT leur nonchalance. Et là , européens stressés que nous sommes, ça devient vite très fatigant de passer notre temps à attendre des heures à chaque rendez-vous, parce qu'un guide est malade, l'autre est parti chez sa grand-mère, le troisième ne s'est pas réveillé. Dans les restaus on les prévient le matin que nous serons là à midi mais c'est seulement quand ils nous voient arriver morts de faim qu'ils envoient les gamins pêcher quelques poissons, on se lève à 5 heures pour partir en bateau avant qu'il fasse trop chaud, mais à 8 heures ils n'ont toujours pas trouvé un bidon d'essence, et c'est tout le temps, tout le temps comme ça....
Sinon il y a a eu des balades à cheval, des randos sous 50° ou sous des averses tropicales qui vous transforment en éponges malgré les capes de pluie en quelques minutes, nous faisant patauger jusqu'aux mollets dans la boue et passer les soi-disant gués avec de l'eau jusqu'à la taille. Des heures passées sur les fleuves et les canaux en essayant de franchir les forêts de nénuphars, dans des pirogues trouées et rebouchées au dernier moment avec un chiffon, à écoper sans arrêt, et à menacer de chavirer dans l'eau infestée de crocos dès que l'un d'entre nous bougeait une oreille.
Il y eut aussi ces 2 jours mémorables au fin fond de la Jungle, cernés par les jaguars, les singes hurleurs, les termites et les fourmis rouges géantes. Pris en chasse dès notre arrivée par des colonies de moustiques très affamés, il a fallu immédiatement faire un feu de bois (bien sûr ramasser le bois grouillant de plein de choses) pour les chasser, rester à suffoquer ds la fumée pour essayer de leur échapper, et une demi-heure après l'orage a éclaté, noyant tout ça. Nous nous sommes réfugiés dans la cabane, (les mosquitos aussi), et passé une nuit de cauchemar: à 6 dans 4 m², Harry et moi dans un lit (2 planches) d'un mètre sur 80 cm, Quand nous avons installé un morceau de matelas plein de vermine, il y avait dedans plein de bébés rats. Tout habillés, enroulés et enfermés dans nos sacs à viande, t°40°, mijotant dans notre jus,plein de crampes, à devenir fous sous les bzzzzzz. Certains se sont vraiment fait dévorer vivants, les malheureux!
Je continue?? j'en ai peut-être assez dit comme ça, et pourtant ce n'est pas fini: les quartiers coupe-gorges, la purée de haricots rouges à tous les repas, les scorpions qui se baladent quand on dort sur la plage, les crabes dans les lits, le linge qui ne sèche jamais et qui pue, les mecs qui se font descendre dans la rue, les narco trafiquants qui ont les plus belles maisons du pays, les douches qui n'ont jamais d'eau ou au contraire qui vous inondent les chambres sans qu'on puisse les arrêter, la cabane sur pilotis avec plancher troué 2 mètres au dessus de la mer qui sert de toilettes à tout le village...et de lieu de baignade;
Promis, juré tout est vrai de vrai, et vous savez quoi? on a payé pour ça!!
D'accord ,j'arrête, même si je pourrais encore en mettre des tartines, allez ,si ,quand-même: ne pas oublier le sourire des enfants, le rhum-coco et les pina colada, les langoustes grillées sur la plage, les vols de pellicans, le cri des crapauds-taureaux la nuit, les coraux et les poissons multicolores (quand l'eau n'était pas couleur de boue!), la fabuleuse végétation qu'il faut tailler à la machette pour pouvoir avancer, le goût des ananas, des avocats, du fruit de cacao, le jus en direct des noix de coco ou des cannes à sucre,les sources d'eau brulante, les cascades en pleine forêt tropicale,les palmiers, cocotiers, bananiers à perte de vue....
Allez quoi, ce n'était pas si mal!! quelques photos (mais que des bons moments!)sur le lien suivant pour vous rassurer. Maintenant il faut se remettre des 8 heures de décalage et on n'y arrive pas trop.
https://picasaweb.google.com/101804984896876001199/Honduras2005?authuser=0&feat=directlink
Quant à ceux qui doutaient encore de notre santé mentale...qu'en dites-vous?