Quand on n'arrive pas à trouver sa place dans une société de cinglés , la nature est vraiment un refuge revigorant . Notre voyage de cet été répond à ce besoin de prendre un peu de distance avec un quotidien pas toujours satisfaisant . Nous sommes déjà allés au Canada il y a bien longtemps , mais cette fois nous nous dirigeons vers la partie Ouest : Colombie Britannique et Alberta, où la nature règne en maître . Du moins est-ce ainsi que nous l'imaginons!
Marseille/Montréal , sur Aircanada que nous ne conseillerons pas vraiment: contrairement à ce qu'ils prétendent , on passe 8 heures à se geler avec la clim, et pas un seul écran pour voir un film ou un jeu ou de la musique: rien. Autant dire que c'est sacrément long, d'autant plus qu'après ça rebelotte et même pire, puisqu'après 2h30 d'escale nous repartons pour Vancouver dans les mêmes conditions...heu, pires puisqu'en 5 heures on a eu droit généreusement à un verre d'eau , pour tout le reste il faut payer encore et toujours....
Bref, enfin arrivés à Vancouver, prendre le métro, trouver notre logement en pleine nuit, on se couche vers 23 h30, heure locale. Ici 9 heures de moins que chez nous, autant dire qu'on a largement fait le tour du cadran...
Pourtant on encaisse assez bien le décalage dans ce sens et dès le lendemain on s'en va crapahuter dans les rues de cette grande ville.
Bon une ville ça reste une ville, mais il faut reconnaître que celle ci n'est pas désagréable .
Un grand soleil sur fond de ciel bleu, des bâtiments immenses mais à l'architecture soignée.
Des gratte ciels couverts de miroirs,
des restaurants du monde entier un peu partout, (70 nationalités différentes vivent ici), un quartier chinois sympa: le Chinatown de Vancouver est le quartier historique de la 3ème communauté chinoise d'Amérique du Nord, après San Francisco et New-York.
La première journée nous ne cessons pas de marcher, des km et des km dans les rues de la ville. Le lendemain on fait comme tant d'autres: on loue des vélos, ça permet d'aller plus loin et pour moins fatigant
Tous ces vélos , et le reste...nous rappellent Amsterdam il y a juste quelques mois...
Un troisième jour pour se faire une idée un peu plus précise des lieux: petite croisière, balades dans les différents quartiers.C'est sûr qu'on a l'impression que la plupart des habitants ne sont pas à plaindre côté financier, mais comme partout, ce n'est pas le cas pour tout le monde...
Le jour suivant: allez ça suffit, on n'est pas venus ici pour voir du béton. Nous récupérons donc notre voiture de location (d'ailleurs d'un standing supérieur à ce qu'on avait réservé! ) et filons à l'embarcadère du ferry direction l'Ile de Vancouver.
Traversée superbe sur fond de monts enneigés et entre les petites îles parsemées ça et là.
L'Ile de Vancouver: 460 km de long, très peu peuplée, et la plupart des habitants vit dans le Sud de l'île. On dit qu'elle fait partie des coins les plus sauvages de la planète. Nous arrivons avec le ferry à Victoria, qui est la capitale de la Colombie Britannique, et logeons chez l'habitant dans une petite maison au bord de l'océan. Un petit tour en ville, sympa, mais déjà les prix rencontrés pour un fish and chips commencent à nous inquiéter...
. Le lendemain , enfin, nous attaquons les choses sérieuses, à savoir direction les premiers parcs régionaux, et nous l'espérons des grosses ou même petites bêtes. ça commence plutôt bien puisqu'à peine à 2 rues de la maison nous tombons sur 2 biches qui se promènent dans le quartier et que personne ne calcule alors que je saute de joie sur mon siège...
Nous commençons donc par les parcs de Sooke et Goldstream, bon c'est bizarre, un petit goût de déjà vécu sur d'autres destinations, à savoir chercher et ne rien trouver en matière de vie animale...Mais ce n'est que le début. En attendant cette première incursion dans la forêt humide vaut le coup d'œil.
2 jours à Victoria puis montée vers le nord de l'Ile. Là commencent les kilomètres de nature sans personne.
Petite halte à Chemainus, où l'histoire de la ville est peinte sur les murs.
Puis commence la route transversale pour rejoindre la côte ouest. Cette route, on l'a lu partout, est réputée pour sa faune sauvage. Et bien devinez quoi? On ne voit RIEN...Si, bien sûr, une nature exceptionnelle, mais on est aussi venu pour les bébêtes! On va quand même dire ici l'impression qu'on a eu tout le long, c'est que les guides de voyage et les articles du net font une incroyable propagande en ce qui concerne cette destination. Oui , on sait, la nature n'est pas un zoo, ça se mérite, etc, etc...Et ça ce n'est pas un problème. Ce qui l'est davantage, c'est qu'en lisant toutes les infos trouvées, on nous fait vraiment croire qu'on va croiser toutes sortes d'animaux à chaque coin de rue, derrière chaque arbre des forêts; on est loin du compte! Et tous les voyageurs rencontrés pensent la même chose. Il n'y a que ma copine qui se reconnaîtra qui me dit avoir rencontré plein d'ours au bord des routes, mais en avril. Ce serait ça l'explication?
Que ce soit clair, nous ne sommes pas en train de nous plaindre, ce voyage est extraordinaire, mais......
Arrivée à Port Alberni, étape sur le trajet, dans un motel à peine potable en bordure de route...Les quais de la ville sont réputés pour l'observation des ours à marée basse. Après quelques heures d'observation, je photographie le plus beau d'entre eux, enfin... les 2 plus beaux.
Après Port Alberni, la route serpente entre vallées, lacs et forêts
...pour arriver à Ucluelet, sur la côte Ouest de l'île. Ucluelet et Tofino sont 2 petits ports de pêche distants de 30 km et qui attirent bien du monde...Nous choisissons de nous poser au premier qui est, paraît-il, moins touristique. C'est sans doute pour ça que tous les logements sont complets, et qu'on finit par trouver un petit motel chinois aux prix exorbitants. Enfin , nous trouvons à chaque fois les prix scandaleux alors que ce sont les moins chers de la ville; nous n'avons pas tous les mêmes valeurs...
Mais heureusement que ces chinois sont là, car pendant tout le mois on ne fréquentera que les restaurants chinois, japonais, mexicains, car le reste, archi-bof: hamburgers, frites, pizza, sandwiches...
Ce coin est réputé en grande partie car on arrive au fameux Parc National du Pacific Rim, avec l'un des plus beaux trails du Canada. Vu sa longueur, nous ne pourrons pas le faire dans son intégralité, mais nous en aurons une bonne estimation en suivant le Wild Pacific trail sur une quinzaine de km, qui font partie du précédent. Evidemment superbe.
Bien sûr, partout des affiches nous alertent sur la présence d'un nombre exceptionnel de toutes sortes d'animaux sauvages, mais bien sûr, nous ne voyons rien...Archi dégoûtés...
Alors on se contente de ce qu'on trouve!
Il fait 31 C°, ils n'ont pas l'habitude visiblement par ici, et tout le monde se traîne en gémissant et en tirant la langue. Quant à nous, nous avons prévu bien plus de polaires que de shorts!! Nous prenons un bateau pour nous mettre un peu au frais en mer, entourés par une multitude d'îles minuscules.
Elles-mêmes abritant quelques habitants farouches
Et puis, l'œil est attiré par une tache noire sur une plage, qui bouge un peu et grossit jusqu'à ce qu'on soit sûr; et oui, enfin voilà un ours brun qui daigne se montrer!
On arrivera à s'arrêter à environ 5 mètres de lui, (il y a un bras de mer entre nous!), et c'est un plaisir de le voir s'activer sur la plage, il profite de la marée basse pour casser les huitres accrochées aux rochers, dans des craquements sinistres.
On a vraiment l'impression qu'il ne nous calcule pas, mais il nous jette de temps à autre un regard à glacer le sang...
Et le plaisir n'est pas fini, puisque sur une autre île on découvre une maman avec ses deux bébés
Et un peu plus loin le papa.
Bon, super, on aura au moins vu ceux-là. Du coup le soir on se fait un petit aller-retour jusqu'à Tofino, histoire de boire un coup. Le prix du verre de vin sous l'œil des orques en carton nous dissuade une fois de plus de tenter le restau....
Mais on s'offre le plaisir (moins cher) d'un beau coucher de soleil, ils sont réputés par ici.
Après cet aller retour sur la côte ouest, alors que la plupart des touristes redescendent vers le Sud ou prennent le ferry pour quitter l'Ile, nous nous tapons encore 6 heures de route pour monter à Telegraph Cove, pratiquement tout en haut de Vancouver Island. Nous avons un peu hésité puisque ce n'est pas à côté, mais puisque nous avons le temps, et qu'il paraît que c'est beaucoup plus tranquille, go!
On a beau prendre des pistes cachées , faire des détours en longeant les rivières, toujours rien....Enfin il y a sûrement du monde qui nous observe, mais ce n'est pas réciproque ! Des forêts gigantesques à perte de vue, des sommets perdus dans la brume, des lacs de toutes tailles, c'est splendide.
Bon il y a des fois où on abuse un peu trop du facteur chance, style se retrouver à 8 heures du soir au bout du monde, sans essence, sans rien à manger et avec les rares hébergements existant tous complets pour faute de long week end férié... Mais tout finit toujours par s'arranger...en allant nous installer à Port Mc Neil, à 20 km de Telegraph Cove, ville initialement prévue. Beaucoup moins charmante mais chouette quand même.
On est passé de 31°C à 23° C, haaa, on se sent un peu plus au Canada!!
Mais nous n'avons pas fait cette route uniquement dans le but de nous rafraîchir ! En fait , là haut il paraît qu'il y a une colonie de 200 orques qui se rassemblent l'été . Ils viennent là pour se gratter le ventre sur les galets à l'embouchure de la rivière Tsitika! Et comme il n'est pas sûr que nous rencontrions ces géants une autre fois dans notre vie, on veut tenter le coup!
Et bien dans un paysage fabuleux, on ne sait pas si on a vu les 200, mais c'est sûr qu'il y avait du monde!! Des ailerons partout autour du bateau, plus ou moins près , et l'hydrophone plongé à chaque fois nous renvoie leur magnifique chant dans les micros du bateau.
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Certains sortent la tête , d'autres fouettent l'eau avec leur queue... jusqu'au moment où une famille entière se met à nous escorter, arrachant des cris de joie à tous les passagers, jusqu'à me rendre compte que les larmes coulent toutes seules face à une telle émotion .
Et puis n'oublions pas les dauphins, les marsouins, les baleines à bosse, les phoques et les lions de mer, les aigles pêcheurs , tous présents au rendez -vous. Tout ça jusqu'au crépuscule dans des paysages inoubliables. Pas prêts d'oublier cette balade...
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Tous les jours, nous faisons donc l'aller-retour entre Port Mac Neil et Telegraph Cove,qu'importe, c'est tellement agréable! On y fait toujours quelques rencontres sympathiques
Et même très sympathiques... comme cette ourse et ses deux bébés qui restent au milieu de la route à nous regarder un moment, mais le temps de sortir le bon objectif, il s'en vont tranquillement. Zut, déçus mais ravis.
Et puis ces routes que nous prenons au hasard pour parfois tomber dans des endroits insolites marqués dans aucun guide
Diaporama
Il y a aussi cette journée où nous décidons de partir en kayak avec un guide. Il ne fait que 16°, le ciel est gris, le brouillard ,comme d'habitude, laisse traîner des bandes autour des sommets et sur la mer au loin; l'ambiance est là..
Alors nous ramons, ramons dans ce décor, franchissant le kelp flottant qui a tendance à nous maintenir à la même place,
Sous l'œil incrédule des quelques habitants du coin,
Et puis, avant même de les voir, on entend le souffle des orques tout près de nous. Ensuite surgissent de toutes parts des ailerons isolés ou qui avancent en rangs serrés de 5 à 10 individus.
Une baleine à bosse solitaire passe juste à côté des kayaks et quand elle sonde c'est sa queue qui se dresse devant nous.
Partout où on pose les yeux nous sommes cernés: orques et baleines tout autour de nous, que demander de plus? Sur les bateaux alentours, les gens crient de joie.
Repas dans un décor paradisiaque (pas forcément besoin de soleil et de palmiers pour trouver le paradis), avec les phoques qui sortent la tête de l'eau pour nous contempler l'air étonné.
Au retour, nous sommes escortés par les dauphins et les marsouins. Sur une île un daim même pas farouche nous contemple. Nous circulons entre les îles couvertes d'arbres gigantesques; des poissons argentés jaillissent de toutes parts, sans doute chassés par les phoques, les oiseaux s'envolent sur notre passage, sur la mer couleur métal.
Nous avons adoré cet endroit, mais il y en a encore tellement à voir!
Il nous faut donc refaire la route en sens inverse pour retourner dans le Sud. Cette fois nous prendrons le ferry à Nanaimo pour Vancouver, évitant ainsi de retourner jusqu'à Victoria. Nous espérions profiter de cet endroit pour aller plonger avec les pieuvres géantes, malheureusement ce n'est pas comme chez nous: il ne suffit pas de téléphoner à un club pour aller plonger dès le lendemain; ici c'est sûrement moins courant, et à chaque fois il leur fallait au moins une semaine pour s'organiser...Bien dommage! Quelques jolies vues dans le coin cependant:
Nous avons un peu de mal à nous arracher de cette île, même en sachant que normalement bien d'autres endroits superbes nous attendent par la suite. Mais finalement nos dernières heures ici nous donneront envie de partir au plus vite: nous avons le ferry à prendre mais ne trouvons pas le bon chemin. Voyant une voiture de police arrêtée en bord de route, Harry s'arrête derrière elle et descend d'un pas décidé . Sauf que là-bas ce sont des vitesses automatiques sur les véhicules et qu'au lieu de se mettre en position P ( frein à main), il se met en position N ( point mort) et que le terrain n'étant pas plat, notre voiture s'encastre dans celle de devant.....et il fallait que ce soit des flics, et même pire une flicasse moche et méchante qui se met à hurler comme une possédée . Franchement on l'a à peine touchée , un minuscule enfoncement de son pare chocs, mais elle nous a gardé une bonne heure , a pris des tonnes de photos, nous a demandé tous les papiers imaginables, a fait venir les renforts: une dépanneuse (?), des motards, un véhicule supplémentaire , et chacun est venu constater l'étendue des dégâts!! Incroyable!! Ils espéraient sûrement se faire payer une voiture neuve par l'assurance! Et malgré nos plates excuses, on s'est retrrouvé avec un pv de 80 € pour conduite dangereuse . Il n'y a pas qu'au Nicaragua ou dans les Pyrénées qu'on aura eu droit à des flics Ripoux....inutile de dire qu'en plus nous avons loupé notre ferry, mais au moins ils nous ont expliqué comment y aller...
Et en plus, elle a osé nous souhaiter de bonnes vacances au Canada...
Pas osé prendre de photos, elle m'aurait confisqué l'appareil!
Ayant récupéré un des ferries suivants du bout des dents (plus de places!), il nous faut rouler tout le reste de la journée car nous avons réservé notre logement chez des gens le soir bien plus loin. Nous remontons donc 500 km vers le Nord de la Colombie Britannique pour arriver à la tombée de la nuit. Et là, autre surprise plutôt catastrophique: nous avançons dans une fumée de plus en plus épaisse, l'odeur de brûlé prend à la gorge, et tout le paysage est calciné autour de nous
On se croirait presque revenus chez nous où nous avons vu brûler nos pinèdes tout le mois de juillet. Désespoir devant ces paysages lugubres, mais en plus , une fois arrivés chez nos hôtes, ceux-ci nous apprennent que les parcs alentours sont fermés à cause de ces incendies! Non???Ils ne vont pas nous faire ça?? Pour info nous apprendrons par la suite que d'avril à août 2017, 579 000 hectares ont brûlé en Colombie Britannique.
Le lendemain matin, nous nous levons avant l'aurore car la route que nous devons emprunter pour la suite du périple est la route la plus peuplée du Canada en animaux sauvages dans les 2 heures qui suivent le lever du soleil. Si, si c'est écrit tout partout! Mais la question se pose: comment avec cette forêt carbonisée et cette odeur pourrait-il y avoir la moindre bestiole dans le coin? Question pertinente car effectivement nous ne voyons RIEN.
Arrivée à Wells Gray Provincial Park, effectivement tous les trails sont fermés, mais heureusement les sites qui ne sont pas éloignés de l'axe principal sont restés accessibles. Ici il s'agit d'une multitude de cascades en tous genres, plus impressionnantes les unes que les autres
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Il y en a même une où on voit les saumons faire des sauts désespérés pour remonter le courant, c'est vraiment incroyable cette énergie vouée à l'échec.
Puis, c'est la route vers Jasper, une des villes les plus fameuses d'Alberta. Nous quittons donc la Colombie Britannique avec un petit arrêt au Mont Robson et ses vues fascinantes
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Est-il nécessaire de préciser que nous ne voyons toujours rien à part les panneaux de mise en garde? Et puis il fait bien chaud.
Jasper est donc le point de départ pour toutes les excursions à faire dans le parc du même nom, peut-être le plus réputé des parcs d'Alberta. Bonne surprise à l'arrivée: 2017 est l'année du 150ème anniversaire des parcs nationaux du Canada, et donc l'entrée de tous les parcs du pays est gratuite, plutôt chouette, car nous avons prévu d'en faire un paquet!!
Entourée de crêtes rocheuses impressionnantes, Jasper est le haut lieu des magasins de souvenirs, hôtels et restaurants en tous genres. Ce n'est pas pour autant que nous trouverons à nous loger, car après avoir fait 10 fois le tour de la ville, les hôteliers , qui se tiennent tous au courant de leurs disponibilités, nous envoient systématiquement à l'hôtel restant le moins cher: environ 110 € pour une chambre pas trop mal mais dans un sous-sol sans fenêtre... Une nuit suffira! Mais nous aurons le temps de voir énormément d'endroits superbes à quelques tout petits km de la ville.
Par exemple, Patricia and Pyramid lakes:
Maligne Canyon, la gorge la plus profonde des Rocheuses
Laisser couler!
Médicine Lake: on le compare à une baignoire trouée: en été il se remplit grâce au trop plein du Lac Maligne, et en hiver l'eau rejoint le réseau souterrain et retourne dans le lac Maligne. Il est donc presque à sec l'hiver et profond d'une vingtaine de mètres l'été.
Pour l'instant, on remarque surtout les étendues immenses de forêt brûlée
Le Maligne Lake:22 km de long, tout étroit avec les monts enneigés à l'extrémité
Une petite soirée à Jasper
et poursuite par la Route des Glaciers, absolument sublime. cette route de 272 km relie Jasper à Lake Louise à travers les Rocheuses, en redescendant vers le Sud, et tout le long se succèdent lacs, forêts, glaciers, sommets enneigés. Très régulièrement des points de vue permettent d'en prendre plein les mirettes ou de partir pour des heures de rando. Impossible de tous vous les relater, ça me prendrait encore des jours...Alors juste quelques images, c'est dur de faire le tri!
Bon d'accord il faut aimer la nature, sinon pas la peine
Dommage que sur cette route fabuleuse nous ayons droit à une météo pourrie! Nous passons de 34° hier à 7° aujourd'hui, et en plus la route passe carrément au pied des glaciers, obligés de se changer dans la voiture!
A Columbia Icefield , un attrape-touristes nous tente bien: il s'agit d'aller jusqu'au glacier Athabasca avec l'Ice Explorer, un bus à roues énormes spécialement conçu pour rouler sur la glace.
C'est là que nous avons, comme dans la plupart des voyages, nos premières rencontres avec les troupeaux de chiponais (chinois ou japonais, on n'est jamais sûrs?). Comme d'habitude ils sont partout, bousculent tout le monde, ne sont jamais contents...On parvient cependant à avoir 2 places à l'arrache (ils ont tout réservé!) et c'est vrai que c'est génial d'aller là bas. A l'arrivée on est lâchés sur le glacier , c'est une patinoire sans patins! On essaie de s'éloigner de la foule hurlante des chiponais qui ne parviennent pas à faire un pas sans tomber, pour aller voir plus loin les étendues fabuleuses de glace, pas facile c'est vrai! Au final expérience impressionnante et très sympa!
Et nous sommes même obligés d'acheter le forfait qui inclut le Sky walk, à savoir une passerelle au sol de verre qui surplombe un ravin gigantesque. Là aussi, bien sûr, les chiponais piaillent de tous côtés, que c'est bon le silence des grands espaces...
Et pourtant on ne trouve rien de mieux le soir que se faire un restaurant chinois à Banff, et un vrai de vrai, pas un seul touriste!
Cette route à elle seule valait le voyage, nous n'aurons pas le temps aujourd'hui de nous arrêter à tous les points indiqués, mais nous reviendrons; il est tard il nous faut encore trouver un logement à Lake Louise, un endroit archi touristique. Quand nous arrivons, nous filons directement à l'office du tourisme:" bonsoir, vous pouvez nous indiquer un endroit pour dormir ce soir?--Vous n'avez rien réservé ? (stupéfaction!)--Heu, non (inquiétude!)-- Bon, vous avez de la chance , il reste encore quelque chambres en ville -- (ouf!), vous pouvez nous donner les prix?-- Bien sûr, les premières chambres sont à 600 €, mais un peu éloignées, si vous voulez vous rapprocher du Lac, il faudra mettre un peu plus."
Ouille, il va falloir dormir dans la voiture? " Et dans les villes aux alentours il n'y a rien? on n'est pas difficiles, ce que vous trouvez de moins cher!" Après une heure de recherches avec nos gentilles hôtesses, elles finissent par nous trouver une auberge de jeunesse, avec salle de bain commune. Ha, quand même! ""Et à quel prix?-- 200 €" Complètement écoeurés mais n'ayant pas vraiment le choix (il fait bien froid dehors la nuit), nous réservons et demandons à voir l'endroit sur le plan de la ville, ' Ha mais ce n'est pas ici, il faut aller jusqu'à Banff, à 60 km".
OK, on a vraiment tout faux pour ce soir.
Malgré ce sentiment d'être pris pour des jambons, nous apprécions la soirée à Banff, assez chicos mais à l'ambiance sympathique malgré tout. Et puis ces 60 km ont été tellement beaux!Impossible de décrire l'immensité des paysages traversés.
Donc, à ce tarif, risque pas que l'on passe plus d'une soirée ici! Dès le lendemain matin nous voilà repartis, nous revenons sur nos pas pour aller vers l'ouest, de l'autre côté de Lake Louise. Là-bas il y a d'autres villes , moins connues, on espère trouver un hébergement. Effectivement, nous nous poserons à Golden, ville sans attrait particulier sinon celui d'être à côté de plusieurs parcs nationaux.
Effectivement, dans les jours qui suivent, nous allons bien rouler, mais comme déjà dit, ce n'est pas grave étant donné la magnificence de la nature tout autour de nous; on en prend sans cesse plein les yeux.
Premiers parcs: le Glacier National Park, haut lieu de l'alpinisme et de l'escalade, autant dire qu'on regardera d'en bas pour cette fois. En plus, là encore, nous sommes confrontés aux incendies qui ravagent des pans entiers de montagnes. (Les glaciers sont plus hauts, ils ne fondent pas!!). Prévenus dès le départ, on roule pas mal de km dans la fumée en observant l'avancée du feu sans aucune intervention de secours d'ailleurs. Ils laissent parfois les incendies se développer car ils font partie intégrante de l'écosystème. C'est aussi pour lutter contre l'invasion du mountain Pine Beetle, petit scarabée qui dévaste tout en se nourrissant des arbres.
Puis le Mount Revelstoke où cette fois le paysage change complètement, du moins en cette saison car l'hiver il y a 30 mètres d'épaisseur de neige! Pour l'instant nous nous retrouvons avec une vue à 360° sur les sommets alentours (certes un peu bouchée par la fumée régnante) et sur d'immenses champs couverts de fleurs sauvages multicolores, magique!
Avec bien sûr les éternelles mises en garde juste pour nous tenir en haleine....
On est même allés les chercher dans la forêt du chou-puant, il paraît que les ours en raffolent, ha bon? Nous on a juste eu droit à l'odeur
Le soir en rentrant, on s'arrête pour une petite marche qui suit le tracé de l'ancien chemin de fer. On y voit encore les piliers des ponts aujourd'hui disparus.
Nous sommes en fin d'après-midi, il n'y a aucune autre voiture sur le parking, des panneaux alléchants qui nous font dire "cette fois c'est la bonne"
On y croit à fond en avançant dans les bois, le cœur qui fait des bonds à chaque bruit nouveau. Toutes les conditions sont réunies: l'endroit est plein de baies pour ours, quelques traces indéniables,
mais tout ça pour rien. Y'en a marre, depuis le début on a beau les chercher, les traquer, regarder, écouter ,aller là où il y a des affiches, faire des km, nous lever aux aurores , nous déguiser en saumon, nous enduire de miel: rien n'y fait, nous sommes sûrs que that is propagande pour touristes.
Le désespoir nous envahit....Il faut dire qu'avec tous ces incendies dans le coin, ils sont sûrement aller voir ailleurs!
Le parc de Yoho est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, avec 28 pics de plus de 3000 mètres. Que de choses à y voir et y faire! En vrac: les chutes de Takakkaw (254 mètres de haut)
Natural Bridge qui enjambe la rivière
Emerald Lake dont le nom correspond vraiment à la couleur de l'eau
Les hoodoos (cheminées de fées) qu'on atteint après un sentier vraiment raide et le franchissement très hasardeux de rivières...
Bref, ces contrées fabuleuses dépassent nos espérances.
Et au niveau de la faune, ce fut également une journée faste: 3 culs de chèvres des montagnes, quelques écureuils, 2 oiseaux, un crapaud, c'est notre karma, il est dit que nous ne devions pas rencontrer les grosses bêtes...que sur les photos.
Sans oublier celles-ci: ces abeilles que je trouvais très belles sur leur tronc et que j'ai approchées doucement sous tous les angles. Elles se sont révélées par la suite être des frelons à face blanche, à la piqure mortelle ou au mieux rendant aveugle. Après ça , j'ai fait de sacrés détours quand on en a recroisés.
Comme quoi, il aurait été moins dangereux de rencontrer des loups ou des pumas. Car outre ces frelons, nous avons croisé à 2 reprises des serpents inconnus, un très fin , tout noir, qui est passé sur la chaussure de Harry, et un absolument énorme (même pas pu le voir en entier) qui s'est enfuit à 10 cm de ma sandale, belle trouille!
Les journées se suivent, on roule beaucoup mais sans jamais se lasser.
Nous n'avons pas trop parlé des gens, il faut dire qu'avec le nombre de touristes présents....Dans l'ensemble ils sont plutôt cool (à part la flicasse de la dernière fois!), on a beaucoup de mal à comprendre leur accent, et même si le français est aussi langue officielle au Canada, on ne l'a jamais entendu parler. Par contre tous les panneaux sont dans les 2 langues, c'est toujours ça. La mentalité est différente dans plein de domaines: certains parkings sont payants et il faut aller régler dans une petite cabane un peu plus loin, mais on ne vous donne même pas de ticket, c'est la confiance qui est de mise. Difficile d'imaginer ça chez nous...Les gens viennent volontiers nous rendre service, même si on ne leur a rien demandé, etc... Nous avons d'ailleurs bien apprécié ça le jour où notre super voiture bourrée d'électronique est devenue muette, plus aucune réaction. C'est l'angoisse mais le patron de l'hôtel prend tout en main, appelle qui il faut, nous prête un téléphone, et nous sort de ce mauvais pas.
Kootenay National Park: on y pénètre par Sinclair Canyon
pour enchaîner ensuite les points de vue remarquables
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Et quelques petites rencontres agréables
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Un endroit très particulier dans ce parc: les Paint Pots; des sources minérales saturées en oxydes ferreux donnent au sol sa couleur rouge. Les Amérindiens s'en servaient comme décoration des tipis et peintures de guerre. Couleurs impressionnantes.
Et quand on rentre le soir à l'hôtel, nous assistons à des couchers de soleil féériques sur les Rocheusesl
Il nous restait à finir la Route des glaciers qui avait été trop longue pour une seule journée. Cette fois il fait nettement plus beau, même si très froid (c'est étonnant!), et cela nous permet de voir les lacs glaciaires dans toute leur splendeur, l'eau qui vient de là haut est d'un bleu irréel et fascinant.
Les différents glaciers s'alignent tout au long de notre avancée, impossible de tous les nommer, il y en a partout!
Quelques uns d'entre eux
D'accord il y a du monde, mais c'est tellement grand qu'on parvient à se retrouver seuls assez souvent. En fait, les chiponais et autres bus de voyages organisés s'arrêtent tous aux mêmes endroits, et ne font pas plus de 100 mètres sur les sentiers de rando, donc on s'en sort plutôt bien. Heureusement parce que ma tolérance affiche de très grandes restrictions comme toujours dans ces cas-là. Dans d'autres voyages je m'élève généralement contre l'incivilité des touristes; cette fois je suis scotchée par l'ampleur qu'ont pris les selfies chez les personnes de toutes nationalités. Se prendre en photo, ok sympa, pas de problème, mais 9 fois sur 10 on ne voit rien d'autre que leur tronche en gros plan, et absolument rien de ce qui les entoure. Et là je dois dire que ça me dépasse, à chaque fois je reluque leurs écrans et on ne voit jamais la cascade ou le monument ou les arbres en fleurs derrière eux, mais juste leur tête à moitié coupée d'ailleurs, ça oui...Quel est l'avenir de la photo et celui du narcissisme ? D'ailleurs au Canada ils appellent ça un égo portrait. pas mal non?
A midi, un ours traverse la route loin devant nous; personne sur la route, on approche pas trop vite, super excités, et là arrive un abruti en voiture à fond la caisse, qui fonce droit sur l'ours. évidemment celui-ci disparu en quelque secondes, j'aurais bien éclaté la tête de ce pauvre type, mais il allait trop vite...
Après 7 nuits à Golden qui nous ont coûté à peu près le même prix qu'une seule à Banff, nous levons le camp pour aller plus vers l'Ouest et raccourcir ainsi les distances quotidiennes pour la fin de notre séjour. On repasse quand même par Lake Louise pour aller voir les lacs si réputés par là-bas, mais à part le Lake Louise lui-même où on trouve une place par miracle, les autres parkings sont totalement inaccessibles et la police nous empêche de passer. Alors tant pis, il y a tellement de belles choses à voir qu'on ne va pas alimenter les délires touristiques du coin.
Nous filons donc vers Calgary qui sera notre destination finale puisque l'avion repart de là, mais il nous reste quelques jours! Il y a 140 km, mais en passant par la Vallée de la Bow plutôt que par l'autoroute, c'est un régal.
Bien sûr, il est bien connu que cette vallée regorge de wapitis, mais....sûrement bien cachés. on nous a même assuré que ce jour là nous devons voir une éclipse à 74 %, mais avec les nuages....rien vu non plus. On essaie d'être philosophes...
A Calgary c'est bon, nous avions réussi à réserver une chambre chez l'habitant,super chouette, avec des locataires qui viennent de plusieurs pays et des proprios très sympas. Pour 25 €/nuit, c'est nettement plus intéressant, tant pis on roulera...Par contre devoir circuler matin et soir dans cette grande ville de 1 070 000 habitants, ça nous change et ça n'a vraiment rien d'agréable après un mois sur des routes désertes.
Mais même si on se perd sans arrêt, si c'est plein de fumées et de klaxons, il faut reconnaître qu'ils ont aussi des endroits de nature, (il y a des castors juste en face de la maison),des parcs gigantesques, ouf, ça passe mieux! D'ailleurs on n'est même pas allés une seule fois dans le centre ville!
petits coins plus sympas...
Du coup, c'est quand même plus près d'ici pour se rendre au Parc National de Banff, en plein milieu des Rocheuses, toujours aussi belles et impressionnantes. Mais que de monde....Depuis quelque temps les spécialistes tirent les sirènes d'alarme par rapport aux répercussions sur les écosystèmes, mais sans succès pour l'instant
Le Lac Minnewanka est lui aussi une pure merveille, il faut se méfier des ours, ça va, nous n'en verrons que des miniaturisés
et la couleur de l'eau est toujours aussi irréelle...
Notre mois de vacances touche à sa fin. En fait il reste 3 jours avant notre départ, mais nous avons vu tout ce qu'il y avait à visiter dans le coin, du moins tout ce que nous avons trouvé dans les guides. Mais comme il n'est pas question de rester en ville à se tourner les pouces, on continue à chercher sur internet et bien sûr , sur les forums on trouve des indications qu'on n'avait jamais lues ailleurs.
Alors c'est parti, de toutes façons ça ne peut être que beau par ici!
Et bien non seulement c'était beau, mais en plus c'était absolument magnifique. Et un avantage indéniable, c'est que nous n'avons pas rencontré de touristes!! Que les gens du cru.
Vraiment difficile de faire un tri parmi les milliers de photos prises là-bas. Nous suivons la route sans trop savoir vers où...La route qui est d'ailleurs plus souvent une piste!
Beaucoup de sentiers sont fermés pour présence de bêtes sauvages. Mais comment est-il possible qu'en un mois nous n'ayons rien vu? Des écureuils partout d'accord, mais c'est un peu mince non?
Et ce qui est le plus horrible c'est qu'on voit par contre cerfs, coyotes, porc-épics écrasés en bord de route, alors là, ça rend malade.
On se régale donc à observer ces endroits pratiquement déserts: Kananaskis, Peter Lgheed Provincial Park... dire que tout le monde s'agglutine à quelques dizaines de km plus loin...
Et sans s'arrêter jusqu'au dernier soir!
Notre dernier retour en ville se fait sous un ciel de toute beauté
C'est sûr qu'il nous restera un petit goût amer de frustration par rapport à tout ce que nous avions pu lire et espérer avant de venir. Mais les souvenirs magiques resteront, ainsi que l'émerveillement d'avoir pu contempler une nature encore (presque) intacte.
Retour avec Air Canada, toujours aussi radins, même notre statut particulier ne nous a rien apporté sinon une heure de queue en moins.
Arrivée à Istres en fin d'après-midi, demain matin reprise du boulot.
No comment....






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