Nous sommes déjà allés 3 fois en Égypte, toujours pour faire de la plongée et pour une croisière sur le Nil. Et à chaque retour on nous a demandé "alors les pyramides?" : et à chaque fois , nous avons dû répondre: "heu...on ne les a pas vues." Stupéfaction de nos interlocuteurs!
Et pourtant qu'est-ce que j'aurais aimé voir ces merveilles! Alors cette année sera la bonne, nous repartons là-bas pour la quatrième fois, et là nous resterons au Caire.
Nous partons cette fois avec Thierry et Régine qui rêve aussi ( juste Régine!) de voir les pyramides. Un vol direct de quatre heures, c'est parfait. Vue du ciel, la ville du Caire est dissimulée sous un nuage rouge, sable ou pollution?
Pour ma part nous ne pourrons pas sentir vraiment l'âme de la ville en étant dans l'un des hôtels 5 étoiles concentrés le long du Nil. C'est pourquoi nous avons réservé un établissement vraiment au cœur de la ville.
Premier taxi pour rejoindre cet hôtel, et première confrontation au centre ville du Caire. Pour l'instant je n'en retiens que les petites rues où nous frôlons les vitrines et les piétons, les kebab qui cuisent dans la rue et le thé à la menthe que les hommes dégustent en terrasse. Je suis positive!! Notre chauffeur finit par se perdre lamentablement et après être repassé 15 fois au même endroit, il siffle un autochtone en lui demandant de nous accompagner à l'hôtel à pied. Nous voilà avec nos valises à travers les ruelles piétonnes. Déjà moins agréable de courir derrière ce monsieur en djellaba, sans le perdre de vue,(car ils sont tous en djellaba!) en tirant nos valises sur les pavés défoncés.
Bon, ça va, notre hôtel est tout à fait acceptable, mis à part le fait que l'ascenseur met un quart d'heure à démarrer à chaque fois.
Et effectivement , on ne peut pas être plus au centre de la ville. Donc emplacement super pour contempler la vie des habitants, mais en contre-partie, il va falloir faire avec le bruit et la folie de cette vie Cairoise!
Et ça il faut le voir pour le croire: nous sommes au milieu d'une ruche d'humains et de véhicules qui se mêlent et s'entrecroisent sans jamais s'arrêter. Une foule ahurissante et surtout des voitures , des camions, des vélos, des motos serrés les uns contre les autres, main sur le klaxon en permanence, sans aucune raison.
Dès le premier soir, à la recherche d'un restau, nous comprenons qu'il va falloir oublier nos codes habituels. En ville c'est du chacun pour soi, les feux rouges existent mais sont purement décoratifs, donc aucune autre solution pour le piéton que de guetter le moment où il pourra s'élancer entre deux véhicules, sachant que ceux-ci ne feront même pas semblant de ralentir.
Ouf, heureusement que la nuit est un peu plus tranquille ,mais c’est loin d’être le calme absolu quand même, et le matin tôt, avant que l'invasion de véhicules ne recommence, c'est plutôt sympa de regarder les scènes de vie quotidienne perchés sur notre balcon.
Nous commençons donc nos visites, après le petit déjeuner léger servi dans nos chambres chaque matin.
A souligner au passage que je rechignais comme toujours à installer l'application d'Uber pourtant conseillée là-bas, et en fait c'était génial. Pendant tout le séjour nous avons pu être pris en charge hyper rapidement et à un prix plus que dérisoire, quelques tout petits euros pour faire nos trajets . A retenir! Bon d'accord, j'en connais une qui serrait les dents, fermait les yeux et poussait des cris lorsque nous frôlions à toute blinde les camions et les motos partout présents... Moi ça m'a bien fait rigoler!!
Tous nos déplacements durant la semaine se sont donc faits en Uber et en métro, moins facile pour ce deuxième... Surtout quand on revient du Japon où les gens attendent l'un derrière l'autre que tout le monde soit sorti pour entrer dans le wagon! Ici il faut prendre une grande inspiration et foncer dans le tas en essayant de ne pas en laisser un sur le quai. Mais malgré tout, je crois que c'était moins stressant que la voiture pour Régine!
Visite de la Citadelle, grandiose, érigée en 1176. Elle est surnommée "la mosquée d’albâtre".
La place El Tahrir, symbole du soulèvement populaire de 2011, grouille de monde et de klaxons. C'est juste ahurissant, on se dit qu'on va mourir à chaque fois qu'il faut traverser car le peu de signalétique existant ne sert absolument à rien...
Dès le deuxième soir, comme nous ne tenons plus en place avec Régine, nous avons réservé dans un restau avec vue sur les pyramides, afin d'assister au spectacle son et lumière qui a lieu tous les soirs. C'est une première approche de ces œuvres monumentales, avant le jour prévu pour leur visite. Et vraiment, voir les pyramides c’est une grande émotion, le cœur qui bat un peu plus vite, un rêve de gosse qui se concrétise, un émerveillement devant ce travail colossal. On en verra plus dans quelques jours. Nous sommes donc arrivés à 16h30 pour avoir une bonne table, qui d’ailleurs n’était pas si bonne... Et puis nous n'avons pas arrêté de commander des plats et des boissons pour faire durer jusqu’à la nuit tombée. C'est là que nous apprenons qu'il n’y a plus de spectacle son et lumière pour le moment, à cause d'une panne électrique…
Visite du quartier copte: un guide réussit à nous embarquer mais finalement ce n’est pas si mal, car nous n’aurions certainement pas tout vu par nous-mêmes. Le calendrier copte est en décalage d’une semaine par rapport au nôtre. Donc pour nous c’est Pâques, et ici c’est la fête des rameaux; ce qui explique que beaucoup d’églises sont archi combles et que nous ne pouvons pas entrer partout.
Le musée national égyptien des civilisations: un endroit magnifique avec des expositions fabuleuses de sarcophages, de statues de civilisations anciennes et plus modernes et une grande collection de momies. Pas de photos autorisées pour celles-ci, zut!
Si certains quartiers du centre-ville sont à peu près propres, beaucoup d’autres sont des décharges à ciel ouvert dans lesquelles les chiens et les enfants s’amusent ou qui se consument entre deux immeubles. Comme dans toutes les grandes villes du monde, la misère côtoie le luxe et l’état de certains coins fait vraiment frémir et me brise le cœur quand on pense que nous nous plaignons de tant de broutilles...
C'est aussi une ville de chiens et de chats errants, dans un triste état...
Les habitants: ils sont assez gentils dans l'ensemble, pas désagréables comme nous en avions connus il y a des années, dans des villes bien plus touristiques. On ne se fait pas trop harceler, juste un peu brancher, et face à nos refus, on nous laisse tranquille. Il arrive aussi qu’on nous propose de l’aide quand nous avons l’air un peu perdus. Sympa.
Les femmes? La quasi totalité sont voilées, souvent de façon intégrale. Mais elles ne semblent pas quantité négligeable comme dans d’autres pays où nous sommes allés.
Enfin arrive le jour attendu si impatiemment: la visite des pyramides et du Sphinx. Vraiment pas déçue, ça valait le coup d’attendre tant d'années. Nous avions pris un tour guidé, rien à redire. Et puis là-haut tout est très bien organisé. Il y a beaucoup de monde, c’est sûr, mais c’est tellement grand que les gens sont répartis partout et que la foule est bien moins dense que ce que j’appréhendais. C'est tellement impressionnant de les voir là et d’écouter leur histoire, le mystère qui existe toujours quant à leur fabrication.
Mais mon préféré reste le Sphinx, là oui c'est vraiment une grande émotion.
Visite du Grand Musée Égyptien, qui n'a été inauguré officiellement qu'en novembre 2025. Une pure merveille de par son architecture et les trésors qu’il contient: 100 000 pièces originales de la Préhistoire à nos jours sont exposées ici.
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Avec bien sûr le clou de la visite: la galerie Toutankhamon. L'intégralité des objets découverts dans sa tombe sont pour la première fois réunis dans un même endroit; il y a aussi ses 3 cercueils emboîtés l'un dans l'autre et ses chapelles en bois massif doré. Fabuleux! C’est quand même quelque chose de voir ces masques et ces sarcophages face à nous et non pas sur une photo ou à la télé .
Nous y avons passé plusieurs heures et nous n’avons pas tout vu. Enfin, Régine et moi sommes éblouies, les frangins, eux, attendent l'heure de l'apéro... Honte à eux!
Ha oui, au fait, l'apéro! Ce qui est sûr c'est que ce n'est pas ici que nous nous régalerons avec des cocktails exotiques!!! No Alcool!! On a osé demandé à notre hôtel s'il y avait des restaus qui vendaient du vin. Heu... Comment dire? Ils ont fait semblant de réfléchir... Mais comme nous ne nous avouons jamais vaincus, nous finissons par trouver des lieux de (très calme) débauche. Mais oui, en cherchant bien, on peut trouver une bière ou une bouteille de vin au Caire, et ailleurs que dans un hôtel touristique!
C'est d'ailleurs suite à cette découverte que les garçons exprimeront clairement leur préférence à chaque fois qu'il faudra faire un choix de visite...
La cuisine, pour sa part, ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Pourtant, nous sommes allés presque uniquement dans des lieux fréquentés par les locaux.
Le plat traditionnel national est le koshari: mélange de riz, macaroni, lentilles et pois chiches. Pour 1 €! Ça tient au corps!
L’île de Gezira, située au milieu du Nil. Nous montons en haut de la tour du Caire pour surplomber les environs. On devine les pyramides au loin; je n'avais pas précisé qu'elles sont quand-même à 18 km du centre ville.
Où que nous soyons, c'est toujours autant la folie: les voitures qui roulent à 4 ou 5 de front même quand il n'y a que 2 voies. Les klaxons qui ne s'arrêtent jamais, les chauffeurs qui s'engueulent, les piétons qui essaient désespérément de traverser et se font parfois renverser...
Ne pas oublier le muezzin qui retentit normalement 5 fois par jour, mais en réalité beaucoup plus, j'en suis sûre! Le Caire est une ville gigantesque, grouillante, bruyante, épuisante! Mais c'est vivant!!! J'adore (à petites doses quand-même!) traîner dans ces odeurs, ces résonances d'une langue que je ne comprends pas, ces endroits qu'on n'imaginerait même pas en rêve dans notre pays qui se veut aseptisé, déguster un kebab en traînant dans ce bazar pendant que mes 3 acolytes avalent une bière au Carlton!!
Enfin, n'oublions pas les souks. Ils s'étendent sur des kilomètres et comme dans tous les souks du monde,on y trouve des milliards d’articles: du beau, du moins beau, du kitsch, mais je fais de super progrès: je n'ai rien acheté! Il faut dire qu'il n'y a plus un brin de place à la maison. Là aussi, nous sommes agréablement surpris par le fait qu'on nous propose, mais sans nous harceler. Peut-être parce que la majorité des clients ne sont pas des touristes?
Laisser défiler
Notre dernière soirée ne sera pas la meilleure: nous optons pour une croisière sur le Nil.
On aurait pu s'y attendre : un bel attrape-neuneus, à tous les niveaux. J'ai quand-même bien aimé les derviches tourneurs, je n'en avais jamais vus.
Par contre ce qu'ils osent appeler spectacle de danse orientale n'est que la prestation d'une espèce de pouf siliconée de partout.
Honteux, et ça en dit long sur la considération par certains de la danse orientale... Mes 3 compagnons de voyage sont d'accord pour dire que je danse bien mieux. Je vais peut-être songer à me recycler...
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